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01/12/2012 12:07 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

L'internet est rétabli en Syrie alors que les combats se poursuivent

BEYROUTH - L'accès à internet et les communications téléphoniques ont été rétablis dans la majeure partie de la Syrie après deux jours de blocage, survenu au moment de certains des pires combats à Damas, la capitale, depuis juillet.

L'agence de presse officielle syrienne Sana a assuré dans un premier temps que «les problèmes techniques avaient été réparés» à Damas. Quelques minutes plus tard, le fournisseur d'accès à internet Renesys, basé aux États-Unis, a annoncé que le réseau avait été «largement» rétabli dans l'ensemble du pays.

Les autorités syriennes et les insurgés s'étaient accusés mutuellement jeudi d'avoir coupé les communications. Renesys et un deuxième fournisseur, Akamai Technologies Inc., avaient alors confirmé l'interruption des connexions dans le pays.

Parallèlement, des combattants syriens signalaient samedi des affrontements près de l'aéroport de Damas, la capitale syrienne. Les forces fidèles au régime de Bachar el-Assad ont affronté les insurgés dans des villes situées au sud de la capitale, dont Aqraba, Beit Saham et Yalda, près de l'aéroport.

Plusieurs personnes ont été tuées lors du bombardement à Beit Saham, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) basé à Londres.

Quelques combattants présents autour de l'aéroport appartenaient au groupe islamiste Jabhat al-Nusra, proche d'Al-Qaïda, et certains ont été tués, dont deux Irakiens, a affirmé de son côté la chaîne de télévision étatique syrienne.

L'aéroport fonctionne normalement et la route qui mène aux installations aéroportuaires "est totalement sûre", a souligné le ministère de l'Information syrien. Cette route avait été coupée jeudi à cause de violents combats, mais les autorités ont décidé d'ouvrir l'accès vendredi après avoir déployé des troupes pour sécuriser la zone, ont souligné les activistes de l'OSDH, rapportant également d'autres combats à Tadamon et Hajar Aswa, des quartiers du sud de la capitale syrienne, qui sont la cible de violents affrontements depuis des semaines.

La veille, 20 Libanais avaient été tués en Syrie alors qu'ils combattaient aux côtés des insurgés. L'information a attisé les tensions au Liban et après l'annonce de ces morts, tard vendredi soir, des soldats libanais ont été déployés dans la ville de Tripoli, dans le nord du pays du Cèdre.

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a accusé samedi le régime syrien d'être devenu une "milice armée" ayant recours à la brutalité pour pouvoir rester au pouvoir. Le chef de la diplomatie turque s'exprimait lors d'un rassemblement à Istanbul samedi où se sont retrouvés des ministres des Affaires étrangères arabes qui ont exprimé leur opposition au gouvernement syrien.

Le régime syrien "s'est transformé en une milice armée qui utilise tout genre de méthodes brutales pour rester au pouvoir," a déclaré M. Davutoglu. "Le régime syrien, qui représente une menace importante pour l'avenir de son peuple et du pays, menace jour après jour le bien-être de notre pays à travers des actions qui ciblent la paix et la sécurité des frontières."

M. Davutoglu ainsi que d'autres délégués présents à la conférence ont affirmé que le régime de Bachar el-Assad représentait une menace non seulement pour son peuple mais aussi pour la paix et la sécurité dans la région.

Le ministre des Affaires étrangères libanais Adnan Mansour a soutenu la position turque en affirmant que le conflit en Syrie présente des "ramifications dangereuses" mais a toutefois prôné une sortie du conflit par le dialogue.

"Il ne devrait pas y avoir de militaires extérieurs ou n'importe quelle autre intervention", a-t-il déclaré.

La Turquie avait demandé aux Nations unies la création d'une zone tampon en Syrie pour protéger les civils syriens. Des actions militaires auraient été nécessaires pour cette opération.

La guerre civile syrienne a forcé des centaines de milliers de syriens à fuir leur pays pour gagner les États voisins.

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