NOUVELLES
01/12/2012 11:35 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Les pro-Morsi défilent en masse au Caire pour la démocratie et la charia

Brandissant un drapeau saoudien portant la profession de foi musulmane, Ali Mochref défile dans les rues du Caire avec des centaines de milliers d'autres Egyptiens pour soutenir le président Mohamed Morsi, "démocratiquement élu", face à une opposition elle aussi très mobilisée.

Des cortèges partis de différentes mosquées se sont rejoints près de l'Université du Caire, où la foule lance à la fois des slogans islamistes et d'autres rappelant l'élection du président en juin.

La banderole d'un mouvement fondamentaliste salafiste proclame : "Morsi, président élu de l'Egypte", tandis que la foule lance "nous voulons la charia" (loi islamique).

La manifestation de samedi à l'appel des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, et d'autres formations islamistes, veut répondre à la forte mobilisation la veille de ses opposants laïques et libéraux sur l'autre rive du Nil, place Tahrir, haut lieu de la révolte contre Hosni Moubarak début 2011.

De nombreux manifestants sont venus de la province, acheminés par une armada d'autocars affrétés pour l'occasion.

"Nous sommes pour la démocratie. Cet homme a été élu par le peuple au cours d'élections libres et honnêtes", proclame Mohammed Fayed, 37 ans, récusant le qualificatif de "dictateur" ou de "pharaon" que lui attribuent ses opposants depuis le décret lui donnant des pouvoirs exceptionnels.

"L'opposition dit qu'elle veut la démocratie, mais maintenant elle la condamne parce que c'est Morsi qui est sorti des urnes et qu'ils ne sont pas heureux de cela", ajoute-t-il.

M. Morsi est le premier civil à accéder à la magistrature suprême en Egypte depuis la chute de la monarchie en 1952. Il a recueilli en juin dernier 51,7% des voix face à un ancien Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

"Je ne suis pas membre des Frères musulmans, mais je suis pour Morsi. La majorité des Egyptiens soutient les islamistes, c'est un fait", affirme pour sa part Ihad Fouad, un homme d'affaires venu se joindre à la foule.

Certains démentent que le projet de Constitution adopté par une commission dominée par les islamistes constitue un danger pour les adeptes de religions minoritaires, même si les représentants des églises chrétiennes ont boycotté la rédaction du texte en signe de protestation.

"Nous aimons tous nos compatriotes, les chrétiens et les adeptes d'autres religions", affirme un interne en médecine de 25 ans, Islam al-Baghdadi.

Mais Mohammed Saïd, un chauffeur de taxi, estime que les musulmans, qui constituent la grande majorité des 83 millions d'Egyptiens, sont fondés à réclamer la loi islamique.

"En Europe les musulmans, qui sont une minorité, demandent-ils la charia? Non. Ici, nous sommes la majorité, donc nous voulons la charia", affirme-t-il.

Ali Mochref, avec son drapeau saoudien au milieu d'une nuée de drapeaux égyptiens, se justifie: "nous sommes l'Oumma (la nation musulmane). Les frontières ne signifient rien pour nous. Un musulman égyptien est le frère d'un musulman saoudien ou américain".

Pour d'autres, le renforcement des pouvoirs de M. Morsi doit lui permettre de tourner réellement la page de l'ère Moubarak, dont beaucoup d'anciens partisans sont encore dans la haute fonction publique ou la magistrature.

"Nous sommes ici pour soutenir les décisions de M. Morsi, parce qu'elles font partie des demandes de la révolution" qui a chassé Hosni Moubarak, affirme une manifestante, Hend Abdellatif.

jad-cr/cnp

PLUS:afp