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Les Frères musulmans égyptiens, de l'illégalité au pouvoir

01/12/2012 10:03 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Les Frères musulmans, dont est issu le président égyptien Mohamed Morsi, constituent la principale force politique du pays, après avoir été longtemps maintenus dans l'illégalité.

La confrérie est le plus ancien mouvement de l'islamisme sunnite. Sa doctrine s'organise autour du dogme du "tawhid" (unicité de Dieu), la fusion du religieux et du politique.

Créée en 1928 par Hassan al-Banna, la confrérie est active dans les mosquées, où elle vient en aide aux plus démunis, dans les universités et au sein des syndicats. Elle s'appuie sur un réseau de centaines de milliers de militants, rompus à l'action de terrain et dont l'organisation opaque reflète les années de clandestinité.

Les Frères musulmans ont commis des actes sanglants, dont l'assassinat du Premier ministre Mahmoud Fahmi al-Noqrachi en 1948, qui a été suivi d'une répression brutale, avant que le président Gamal Abdel Nasser décide en 1954 de les interdire, faisant arrêter leurs membres par milliers.

En 1971, le successeur de Nasser, Anouar el-Sadate, fait libérer les Frères musulmans et proclame une amnistie générale. Mais la confrérie rejette les accords de paix que Sadate signe avec Israël, et en 1981, le président est assassiné par d'anciens membres passés à l'extrémisme.

Sous Hosni Moubarak, les Frères musulmans bénéficient d'une tolérance relative, malgré des campagnes d'arrestations régulières. Leurs relations avec l'armée, épine dorsale du pouvoir depuis la chute de la monarchie en 1952, sont marquées par une rivalité parfois empreinte de connivence.

En janvier 2011, la révolte populaire contre le régime Moubarak, initiée par des mouvements de jeunes laïques, semble prendre la confrérie par surprise. Seuls les jeunes Frères musulmans y prennent part au début, avant que le mouvement islamiste ne s'y rallie progressivement.

Après la chute de Moubarak, la confrérie sort de sa semi-clandestinité et forme le Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

Tout au long de la transition politique, les Frères musulmans, qui ont au cours de leur histoire oscillé entre plaidoyers pour un Etat islamique et adhésion proclamée au jeu démocratique, semblent alterner confrontation et arrangements avec l'armée et avec les mouvements laïques, s'appuyant sur les uns ou les autres pour faire avancer leurs intérêts.

Ils arrivent en force au Parlement à l'hiver 2011/2012, où le PLJ remporte presque la moitié des sièges de députés, même si l'Assemblée est dissoute en juin pour irrégularité dans le mode de scrutin.

L'élection à la présidence de M. Morsi, le candidat du PLJ, avec 51,7% des voix, tend les relations avec l'armée, qui s'octroie le pouvoir législatif pour tenter de maintenir son contrôle sur les institutions.

En août, M. Morsi reprend la main en mettant à la retraite le puissant maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), et en récupérant le pouvoir législatif.

De nombreux opposants égyptiens considèrent que M. Morsi n'est que la face visible d'un pouvoir exercé par le bureau politique des Frères et par leur guide, Mohamed Badie.

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