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Des manifestations pour appuyer le président égyptien

01/12/2012 08:48 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Des milliers d'Égyptiens islamistes manifestaient samedi au Caire et dans d'autres villes d'Égypte en soutien au président Mohamed Morsi, qui fait face à un important mouvement de contestation de l'opposition. Celle-ci dénonce une dérive autoritaire depuis la publication d'un décret, le 22 novembre dernier, élargissant les pouvoirs du chef de l'État.

Les manifestants pro-Morsi, des membres des Frères musulmans et des groupes salafistes, se sont rassemblés devant l'Université du Caire, où la police antiémeute a été déployée. Des manifestations avaient également lieu à Alexandrie et dans la province centrale d'Assiout.

En manifestant de la sorte, les partisans de M. Morsi, lui-même issu des Frères musulmans, veulent appuyer les dernières décisions prises par le gouvernement, qui sont extrêmement contestées par la frange laïque, libérale et chrétienne de la population.

Un peuple divisé

Au coeur de cette dissension, on retrouve le projet de nouvelle constitution, qui a été approuvé vendredi par l'Assemblée constituante, dominée par les islamistes, et qui doit être ratifié samedi après-midi, pour ensuite être soumise à un référendum d'ici 15 jours.

Le projet de constitution, qui compte 234 articles, maintient les principes de la charia, la loi islamique, comme source principale de la législation. Cela était déjà le cas sous l'ancien régime d'Hosni Moubarak, mais est maintenant contesté par l'opposition.

Le projet ajoute entre autres une nouvelle disposition selon laquelle les principes de la charia doivent être interprétés selon la doctrine sunnite. L'opposition voit là une façon de renforcer la place de la loi islamique, en particulier dans ses interprétations les plus rigoristes.

Le projet accorde également à l'État un rôle de « protection de la moralité » et interdit « l'insulte des personnes humaines » et des « prophètes », ce qui fait redouter une ouverture à la censure.

La nouvelle constitution stipule également que le chef de l'État ne peut effectuer plus de deux mandats, de quatre ans chacun. Avant d'être chassé du pouvoir, l'ancien président Moubarak était resté en poste pendant 30 ans. Le texte prévoit également une supervision par les civils de l'institution militaire, trop timide, selon les détracteurs du projet.

Par ailleurs, l'imposition du décret augmentant les pouvoirs du président fait craindre un retour à l'autoritarisme. Ce décret empêche toute contestation des décisions présidentielles. Toutefois, Mohamed Morsi insiste sur le caractère temporaire du décret et promet qu'il sera aboli une fois la constitution adoptée, ce qui ne devrait pas intervenir avant mi-2013.

L'opposition continue de manifester

Quant à l'opposition, elle occupe toujours la place Tahrir, au Caire, où elle a commencé une occupation des lieux le 23 novembre. Elle demande l'annulation du projet de constitution, dénonçant le fait qu'il est en tout point conforme aux vues des islamistes.

Des centaines de milliers de personnes ont aussi manifesté à deux reprises cette semaine contre le projet. Vendredi, les manifestants ont convergé place Tahrir, alors que d'autres rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses autres villes, notamment à Alexandrie, où des heurts ont opposé les deux camps.

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