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01/12/2012 11:58 EST | Actualisé 31/01/2013 05:12 EST

Arche de Zoé: le procès débute lundi sans les deux principaux prévenus

PARIS - Le procès de l'Arche de Zoé s'ouvre lundi devant le tribunal correctionnel de Paris sans les deux principaux prévenus, l'ancien président de l'association Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouche, qui ne souhaitent pas s'expliquer et ni être représentés. L'association avait essayé, fin 2007, de faire venir en France pour les faire adopter 103 enfants, présentés comme des orphelins du Darfour, au Soudan, alors qu'ils ne l'étaient pas selon les autorités tchadiennes.

Eric Breteau et Emilie Lelouche "ne souhaitent pas être représentés par leur avocate, ils n'ont pas envie de venir s'expliquer", précise une source judiciaire. Le couple vit actuellement en Afrique du Sud, selon lexpress.fr qui a interviewé leur avocate, Céline Lorenzon. Eric Breteau y louerait des chambres d'hôtes alors qu'Emilie Lelouche aurait créé une compagnie de cirque.

Ils devaient comparaître, en compagnie de quatre autres personnes et de l'association jugée comme personne morale, à partir de lundi notamment pour exercice illicite de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption de mineurs de 15 ans, aide à l'entrée au séjour irrégulier, escroquerie au préjudice de 358 familles accueillantes et escroquerie au préjudice de plusieurs bénévoles. Ils encourent des peines allant d'un à dix ans d'emprisonnement.

"Cette absence est assez ennuyeuse car ce sont les deux principaux protagonistes. Mais on en a assez soupé de ces deux-là", a réagi Me Jean-Claude Guidicelli, avocat du médecin Philippe Van Winkelberg, l'un des prévenus, qui sera présent à l'audience lundi. Le conseil a dit à Sipa "s'interroger sur l'utilité de ce procès".

Traitant cette affaire de "vieux rossignol", l'avocat toulonnais juge "ce procès bien inutile" et ne voit pas l'intérêt "de remettre sur le tapis cette affaire qui a divisé l'opinion publique et les Français". Pour lui, cette affaire de l'Arche de Zoé n'est qu'un "bal des hypocrites, des faux-culs et des amnésiques".

Six personnes, dont le couple, avaient été condamnées au Tchad le 27 décembre 2007 à des travaux forcés pour l'enlèvement de 103 enfants. Les membres de l'Arche de Zoé avaient affirmé qu'ils avaient agi par souci humanitaire pour les orphelins de la région soudanaise du Darfour. Cependant, l'enquête a montré que les enfants étaient Tchadiens, et que la plupart avaient au moins un parent.

Ils avaient été transférés en France au lendemain du jugement et les travaux forcés avaient été transformés par le tribunal de Créteil en une peine de huit ans de prison après un accord judiciaire entre les deux pays. Ils avaient ensuite été graciés par le président tchadien, Idriss Déby, le 31 mars 2008, leur permettant de retrouver la liberté.

"Mon client médecin a été vacciné contre l'humanitaire par cette histoire", a expliqué Me Guidicelli qui rappelle qu'il "a fait de la prison là-bas (au Tchad) puis ici (en France)". Cette affaire "est une vaste comédie fomentée par la France. On baigne dans un dossier politico-judiciaire", a -t-il critiqué.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire sur l'Arche de Zoé en juillet 2007, avant même l'interpellation de ses membres au Tchad en octobre, suite à un signalement du ministère des Affaires étrangères. L'association avait proposé sur internet à des familles d'accueil de recevoir un enfant orphelin de la guerre du Darfour dans une perspective d'adoption.

L'Arche de Zoé, créée en 2005 par Eric Breteau pour aider les victimes du tsunami en Asie du Sud-Est en décembre 2004, s'était reconvertie en 2007 dans l'humanitaire au Darfour.

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