NOUVELLES
30/11/2012 01:06 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Vendée Globe: les skippers bientôt confrontés à un danger mortel, les glaces

Les skippers du Vendée Globe "entreront dans moins d'une semaine dans le secteur à risques" en termes de glaces, a estimé vendredi Louis Mesnier, un expert de la société CLS spécialisée dans la détection des icebergs et leur suivi.

"On est dans le printemps austral, c'est maintenant le plus mauvais moment" car les icebergs se détachent des glaciers antarctiques, quittent les mers de Ross et de Weddell pour remonter vers le nord, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse au PC de la course autour du monde en solitaire et sans escale.

Filiale du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales), de l'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'exploitation de la mer) et de banques françaises, créée en 1986, CLS (Collecte Localisation Satellites) est basée à Toulouse et emploie 450 personnes dans le monde.

"Il y a des dizaines de milliers d'icebergs en permanence" sur les mers, "solidaires des veines de courants", a précisé M. Mesnier. Et ce, sans compter les growlers, ces blocs de glace durs comme du béton et parfois lourds de plusieurs tonnes, flottant entre deux eaux. Donc indétectables.

Les premiers des 13 skippers encore en course dans le Vendée Globe aborderont dans les 48 ou 72 prochaines heures la première "porte des glaces", matérialisée par deux points fictifs et destinée à empêcher les concurrents de descendre trop au sud et de faire de mauvaises rencontres.

Cette "porte", dite "des Aiguilles" et située aux confins de l'Atlantique sud et de l'océan Indien, a été remontée vers le nord lundi après examen d'images prises par le satellite radar canadien Radarsat-2 et analysées par l'antenne brestoise de CLS.

Vendredi, une autre "porte" -celle des Kerguelen, dans l'océan Indien- a été remontée pour les mêmes raisons et rebaptisée "porte de Crozet".

Dans le cadre de ce 7e Vendée Globe, la zone surveillée par CLS -de la fin novembre à la mi-janvier- est le pourtour du continent antarctique, que vont contourner les navigateurs. Quelque 180 images radar seront prises d'ici la fin de la course.

Des bulletins d'alerte quotidiens sont transmis à la direction de course, seul interlocuteur de CLS. Ces bulletins sont ensuite transmis aux coureurs avec les coordonnées en longitude/latitude des icebergs repérés, leur dérive prévisible.

"Il y a de plus en plus de glaces à des latitudes élevées, a noté le spécialiste de CLS. Est-ce dû au réchauffement climatique? Selon M. Mesnier, "il n'y a pas de corrélation directement établie. Mais on voit des icebergs de taille inhabituelle se détacher", comme ce C-19 qui a quitté la mer de Ross en mai 2002 et dont la superficie était alors supérieure à 5.500 km2.

La résolution des clichés pris par Radarsat-2, qui tourne autour de la Terre à 800 km d'altitude, est d'une centaine de mètres. Mais, souligne M. Mesnier, "on peut rater des icebergs de 200 m de long".

Les icebergs, poursuit-il, sont "comme des camions frigorifiques qui dispersent leur cargaison" au gré des flots. Certains prennent des années pour se fractionner, d'autres se disloquent en trois jours.

heg/jde

PLUS:afp