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30/11/2012 05:50 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Toujours pas de communication en Syrie mais reprise du trafic aérien à Damas

Une grande partie de la Syrie se trouvait vendredi, pour la seconde journée, sans téléphone ni internet, mais le trafic aérien a repris à Damas après une nuit de violents combats dans le secteur de l'aéroport.

L'AFP a constaté qu'internet et les communications téléphoniques, en particulier avec les portables, étaient coupés dans la capitale depuis jeudi après-midi. Les militants accusent le régime de préparer un "massacre" mais les autorités évoquent des "travaux de maintenance".

Ghada, 65 ans, habite seule à Damas et appelle habituellement son fils tous les jours. "Il vit à Dubaï. J'ai peur qu'il ne s'inquiète car il ne peut plus me joindre alors que la tension règne en ville", a-t-elle confié à l'AFP.

Washington a accusé Damas d'avoir coupé les communications, tandis que Paris l'appelait à les "rétablir sans délai". Amnesty International a estimé que cette coupure "pourrait annoncer l'intention des autorités de dissimuler aux yeux du monde la vérité de ce qui se passe dans le pays".

Vendredi, la route de l'aéroport de Damas, à 27 km au sud-est de la capitale, était de nouveau accessible, après avoir été fermée jeudi, et des passagers ont embarqué sur plusieurs vols de SyrianAir, la compagnie nationale, selon une source aéroportuaire à Damas.

Jeudi soir, le ministère de l'Information avait affirmé que la route, fermée depuis le matin à cause des violences, avait été "sécurisée".

Jusqu'à l'aube, soldats et rebelles se sont affrontés autour de l'aéroport, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a ajouté que combats et bombardements se poursuivaient dans la Ghouta orientale, la campagne qui borde Damas, ainsi que dans les quartiers sud de la capitale.

"L'armée veut prendre le contrôle du côté est de l'aéroport (la Ghouta), où se trouvent des milliers de terroristes et cela va prendre plusieurs jours", a déclaré à l'AFP une source de sécurité. Le régime assimile les rebelles à des "terroristes".

Selon l'OSDH, deux employés de l'aviation civile ont été tués jeudi par des tirs sur leur bus, mais SyrianAir affirme qu'ils n'ont été que blessés. Et l'ONU a annoncé qu'au moins quatre membres de sa mission dans le Golan avaient été blessés par balles à bord d'un convoi près de l'aéroport.

Vendredi, les violences ont fait 43 morts, dont 16 dans la région de Damas, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui a fait état de plus de 41.000 tués depuis mars 2011 en Syrie.

Ailleurs dans le pays, 17 jeunes sunnites de Tripoli, la capitale du nord du Liban, ont péri à Tall Kalakh, une ville syrienne frontalière où ils combattaient l'armée, ont indiqué une source de sécurité libanaise et un chef islamiste local.

Parallèlement, l'armée s'est retirée du champ pétrolier al-Omar, l'une de ses dernières positions dans l'Est proche de l'Irak, a indiqué l'OSDH. Les rebelles tiennent désormais les principaux champs de Syrie.

Lors des traditionnels défilés hebdomadaires du vendredi, des manifestants ont conspué l'Armée syrienne libre (ASL) dans des régions où les combattants islamistes sont présents en force, selon des vidéos mises en ligne par des militants.

A Alep, la métropole du Nord, ils ont ainsi appelé les membres de l'ASL à quitter les quartiers résidentiels, aux cris de "Armée libre! Allez! Au front!", tandis que d'autres réclamaient "la purge de la révolution".

Des habitants, notamment dans le Nord syrien, accusent les rebelles de pratiquer l'intimidation, le racket et le vandalisme dans les zones "libérées".

Réunis à Tokyo, les 67 pays "Amis du peuple syrien" ont appelé à imposer un embargo pétrolier contre Damas, le Japon se disant "très inquiet d'une contamination de la crise à l'ensemble de la région".

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé de son côté à créer des "passages sûrs" pour laisser fuir les civils, affirmant que près de 250.000 déplacés avaient été enregistrés à Homs (centre).

bur-sbh/sk/cco

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