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La croissance économique canadienne a ralenti au 3e trimestre

30/11/2012 09:04 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

OTTAWA - L'économie canadienne s'est a fortement ralenti au troisième trimestre, ce qui a mis au rancart toute discussion au sujet d'une éventuelle hausse des taux d'intérêt dans la nouvelle année et risque de relancer les appels au gouvernement pour de nouvelles mesures de relance économique.

Le produit intérieur brut a augmenté de 0,6 pour cent au troisième trimestre en taux annualisé — ce qui est inférieur à la déjà lente croissance de 0,8 pour cent attendue par les économistes et environ le tiers de ce qu'avait prévu la Banque du Canada aussi récemment que cet été — les problèmes s'étant accumulés du côté des exportations, de l'habitation et des investissements d'entreprises.

En outre, Statistique Canada a révisé à la baisse la croissance du deuxième trimestre, qui est maintenant de 1,7 pour cent. Quant au produit intérieur brut (PIB) du mois de septembre, il est resté inchangé, ce qui signifie que le quatrième trimestre a probablement connu un lent début.

Les détails du rapport de l'agence gouvernementale ont été aussi décevants. Les stocks des entreprises ont continué de grimper, ce qui contribue à la croissance, et les consommateurs, déjà encombrés d'un niveau record d'endettement, ont continué à dépenser.

«Nous observons certainement de forts vents contraires. Il n'y a pas beaucoup de composantes qui tournent à plein régime, sauf pour les consommateurs, et nous ne savons pas pendant combien de temps ils pourront continuer à tenir le coup», a expliqué Peter Buchanan, économiste principal à la Banque CIBC.

L'économiste Jimmy Jean, de Desjardins Marché des capitaux, a noté que si cela n'avait pas été de la croissance des stocks de biens encore non livrés, l'économie du Canada serait tombée dans un trou au 3e trimestre.

Il n'est pas encore question de récession technique — définie par deux trimestres consécutifs de contraction économique — mais M. Jean estime que les perspectives pour le quatrième trimestre ne sont pas bonnes. Compte tenu de la faible performance de septembre, l'économie devra travailler fort pour aller chercher une croissance d'un pour cent.

Le plus gros choc à l'économie au troisième trimestre s'est trouvé dans les investissements des entreprises, sur lesquels comptait la Banque du Canada pour appuyer l'économie. Ils ont reculé de deux pour cent en données annualisées.

La construction résidentielle a pour sa part plongé de 4,4 pour cent. Les économistes attribuent ce recul à la décision du ministre des Finances, Jim Flaherty, de resserrer les règles sur les prêts hypothécaires le 9 juillet dernier. Ces mesures ont ralenti l'activité sur le marché immobilier canadien, que certains observateurs soupçonnaient de surchauffe.

M. Jean croit toujours que cette décision était la bonne, même si l'économie en paye le prix aujourd'hui.

«Oui, cela affecte l'économie et occasionne un ralentissement, mais dans une perspective à long terme, c'est une issue préférable à celle d'un écroulement en bonne et due forme du marché immobilier attribuable à l'absence de prévention», a-t-il fait valoir.

Certains économistes croient que la performance économique du pays du troisième trimestre évacue toute possibilité de voir une hausse des taux d'intérêt de sitôt, du moins pas avant 2014.

Il est possible que le gouvernement fédéral doive subir une certaine pression pour augmenter ses dépenses, ou au moins pour atténuer son programme d'austérité, mais cela reste improbable à moins que la production du quatrième trimestre ou du début 2013 soit encore pire.

Dans une lettre transmise jeudi aux députés de l'opposition, le ministre des Finances a indiqué qu'il n'était pas d'humeur à recevoir des suggestions d'augmentations de dépenses ou d'impôts.

«Je continuerai à m'opposer aux initiatives coûteuses ou à celles qui augmenteraient la taille du gouvernement et écarteraient le Canada de la voie vers un budget équilibré», a-t-il dit.

Comme prévu, la balance commerciale a lourdement pesé sur l'économie au troisième trimestre, les exportations ayant plongé de 7,8 pour cent en raison de la faible demande mondiale et du recul des cours des matières premières.

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