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30/11/2012 01:36 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Israël autorise la construction de 3000 nouveaux logements dans les colonies

JÉRUSALEM - Le gouvernement israélien a approuvé la construction de 3000 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, a annoncé un responsable vendredi. Cette annonce apparaît comme un acte de défiance, après la reconnaissance, la veille, de la Palestine comme un État par l'Assemblée générale des Nations unies.

Les Palestiniens ont fortement condamné cette annonce et ont répété leur refus d'entamer des négociations de paix tant que les constructions se poursuivront dans les colonies. Alors que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, se dirige vers une réélection et insiste sur le fait que les négociations doivent reprendre sans conditions préalables, la relance du processus de paix au Proche-Orient semble plus que jamais bloquée.

L'annonce de ces nouvelles constructions dans les colonies survient après la reconnaissance la Palestine comme un État observateur non membre de l'ONU. L'État palestinien ainsi reconnu comprend la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, des territoires saisis par Israël après la guerre de 1967. Depuis, plus de 500 000 Israéliens se sont établis en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Israël s'est retiré de la bande de Gaza en 2005.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, refuse de négocier avec Israël tant que les constructions se poursuivront dans les colonies.

Avant l'annonce de la décision israélienne, le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Rdeneh, a souligné que cette position n'avait pas changé. Il a jugé les colonies «illégales et contraires à la résolution» adoptée jeudi par l'Assemblée générale de l'ONU.

Le responsable israélien qui a annoncé la construction des 3000 nouveaux logements a précisé qu'Israël avait aussi décidé d'entamer des travaux préliminaires dans d'autres zones de la Cisjordanie, incluant le couloir E1 reliant Jérusalem-Est à la colonie de Maaleh Adoumim.

Ce responsable a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à discuter publiquement de ce dossier sensible.

En coupant Jérusalem-Est de la Cisjordanie, le couloir E1 représenterait un obstacle majeur pour la création d'un État palestinien. Les plans de construction dans ce secteur avaient déjà été bloqués par l'administration américaine du président George W. Bush pour cette raison.

Le négociateur palestinien Saeb Erekat a condamné l'annonce israélienne, estimant qu'Israël «défie toute la communauté internationale et persiste à détruire la solution des deux États».

Il a précisé que les autorités palestiniennes réfléchissaient aux options possibles.

Danny Seidemann, un avocat d'Ir Amim, une organisation israélienne qui soutient la cohabitation à Jérusalem, a estimé que la construction des 3000 nouveaux logements ne paraissait pas imminente et qu'il y avait «beaucoup de drame» autour de l'annonce.

«Il y a un élément qui vise à maltraiter les Palestiniens», a-t-il dit, en ajoutant que les plans dans le secteur E1 étaient non seulement un coup dur pour les Palestiniens, mais aussi pour les Américains, qui s'y opposent également.

Yesh Din, une organisation israélienne de défense des droits de la personne, a qualifié l'annonce de «punition collective» et a appelé le gouvernement israélien à se rétracter.

«Israël aurait déjà dû comprendre qu'un tel comportement (...) ne sera plus toléré par la communauté internationale», a déclaré le directeur de l'organisation, Haim Erlich.

Tzipi Livni, ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères qui a annoncé son retour en politique cette semaine, a également condamné l'annonce du gouvernement.

«La décision de l'ONU sur un État palestinien est mauvaise, tout comme la réponse de Benyamin Nétanyahou», a-t-elle dit. «La décision de construire des milliers d'unités d'habitation en guise de punition pour les Palestiniens ne fait que punir Israël. (...) Cette déclaration inutile ne fait qu'isoler Israël davantage.»

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