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30/11/2012 11:01 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Après le vote à l'ONU, Israël va construire dans les colonies

Le gouvernement israélien a exprimé vendredi l'intention de construire 3.000 logements dans des colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, en représailles à l'accession de la Palestine au statut d'Etat observateur à l'ONU.

"C'est exact. A Jérusalem et en Cisjordanie", a déclaré un haut responsable israélien sous le couvert de l'anonymat, interrogé sur la véracité d'une information du correspondant diplomatique du quotidien Haaretz.

"Netanyahu a décidé de construire 3.000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et dans des colonies de Cisjordanie en réponse à la démarche palestinienne à l'ONU", a écrit le journaliste sur son compte twitter @BarakRavid, citant "un responsable politique".

"Malgré les gages qu'il a donnés au président (américain Barack) Obama, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné l'ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem, ce qui va isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale", affirme-t-il.

"Il s'agit d'une agression israélienne contre un Etat et le monde doit prendre ses responsabilités", a réagi Hanane Achraoui, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Selon le site d'information israélien Ynet, la décision de poursuivre les plans de construction dans le secteur E1 a été prise jeudi par le Forum des neuf principaux ministres.

Gelé depuis des années sous pression américaine, ce projet controversé vise à rattacher la colonie de Maalé Adoumim, en Cisjordanie, à des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est, occupée et annexée depuis 1967.

Il est vivement dénoncé par les Palestiniens, car il couperait pratiquement en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d'un Etat palestinien.

"La décision de l'ONU ne changera rien sur le terrain. Il n'y aura pas d'Etat palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël", avait déclaré jeudi soir M. Netanyahu.

Ce dernier, qui a dénoncé le vote de l'Assemblée générale et fustigé le discours du président palestinien Mahmoud Abbas, lui reprochant de ne "pas s'exprimer comme un homme épris de paix", a été accusé par son opposition de n'avoir pas su dissuader les Palestiniens de leur projet.

Alors que des responsables laissaient entendre ces derniers jours qu'Israël ne remettrait pas en cause les accords signés pour sanctionner la démarche palestinienne, le vice-Premier ministre Sylvan Shalom a de nouveau fait planer cette menace vendredi.

M. Shalom, un faucon occupant la troisième place sur la liste du parti de M. Netanyahu, le Likoud (droite), aux élections du 22 janvier, a accusé Mahmoud Abbas d"'initiative unilatérale contraire aux accords d'Oslo".

"La violation de ces accords (...) signifie qu'Israël aussi peut entreprendre des initiatives unilatérales comme appliquer la souveraineté israélienne dans les Territoires et relier Maalé Adoumim à Jérusalem", a-t-il estimé.

Israël pourrait en outre bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne ou réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens.

"Nous réagirons en temps voulu car nous assistons vraiment à une violation des accords", a renchéri le ministre des Affaires stratégiques Moshé Yaalon.

L'opposition concentrait néanmoins ses critiques sur le gouvernement de M. Netanyahu, grand favori du prochain scrutin.

"Israël a perdu aujourd'hui, avec la reconnaissance à l'ONU, toutes les réalisations que nous avions obtenues par les négociations", a déploré l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui a lancé cette semaine un parti centriste.

"Ceci est le résultat d'une politique erronée, de quatre ans d'impasse politique, de discours et d'accusations du gouvernement Netanyahu (...) qui ont porté atteinte à Israël et à nos intérêts de sécurité", a argué Mme Livni.

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