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29/11/2012 12:26 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

USA: les bases de la croissance économique se sont effritées pendant l'été

La croissance économique des Etats-Unis s'est nettement accélérée au troisième trimestre mais les nouveaux chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain de l'été, publiés jeudi, montrent que ses bases se sont effritées.

Le ministère du Commerce a revu en hausse de 0,7 point, à 2,7% en rythme annualisé, son estimation de la progression du PIB du pays de juillet à septembre.

Le taux de croissance officiel est remonté à son niveau le plus haut depuis le début de l'année et apparaît nettement meilleur qu'au printemps, où il était tombé à 1,3%.

Néanmoins, les nouveaux chiffres du ministère traduisent un affaiblissement des bases économiques du pays. La révision du taux de croissance s'explique en effet entièrement par celle des variations des stocks, ce qui ressort plus à la comptabilité qu'à la performance économique.

La progression de la consommation des ménages, moteur principal de la croissance, a été revue en forte baisse, à 1,4%, son niveau le plus faible depuis le deuxième trimestre 2011. Elle a apporté 1,0 point de croissance au PIB, à peine plus que les restockages (0,8 point).

Il en va de même pour les dépenses d'investissement privées, qui ont connu leur hausse la plus faible depuis le premier trimestre 2011, n'assurant que 0,1 point de croissance au pays.

La contribution du commerce extérieur (0,1 point) a elle aussi baissé.

La dépense publique a certes progressé pour la première fois après deux ans et demi de baisse ininterrompue, mais sa hausse, qui a assuré 0,7 point de croissance, résulte essentiellement d'un bond des dépenses de défense, sans équivalent depuis 1953, et qui ne risque pas de se reproduire de sitôt vu les restrictions budgétaires qui attendent le Pentagone.

Pour Chris Low, économiste de la société de services financiers FTN Financial, les chiffres du PIB sont l'illustration de "l'un de ces rares cas où la croissance est beaucoup plus forte que lors de la première estimation mais où l'économie du pays apparaît beaucoup plus faible".

Son confrère Nigel Gault, du cabinet IHS Global Insight, estime pour sa part que le "cocktail de révision (du PIB, ndlr) n'a rien de sain".

Mercredi, la banque centrale américaine (Fed) a indiqué que la croissance économique était restée bloquée à faible régime en octobre-novembre, entravée par le passage de l'ouragan Sandy et les inquiétudes liées à l'approche du "mur budgétaire", la cure de rigueur forcée qui menace le pays à partir de début janvier 2013 sans accord du Congrès et du gouvernement pour l'éviter.

Dans l'ensemble, les analystes jugent que la croissance américaine est actuellement en train de ralentir nettement. Spécialisé dans les études prospectives, le cabinet Macroeconomic Advisers estime que la hausse du PIB ne devrait atteindre que 1,4% au dernier trimestre.

M. Gault est nettement moins optimiste: selon lui, la croissance devrait s'établir "autour de 1% seulement".

La Fed, qui tient les 11 et 12 décembre sa dernière réunion de politique monétaire de l'année, a d'ores et déjà annoncé qu'elle envisageait d'augmenter encore le soutien exceptionnel qu'elle fournit à la reprise, mais qu'elle serait incapable d'empêcher une nouvelle récession si les élus ne se mettent pas d'accord d'ici au 31 décembre pour éviter à l'économie de percuter de plein fouet le "mur budgétaire".

mj/jt/sam

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