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29/11/2012 01:51 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Syrie: l'accès à Internet totalement bloqué, combats près de l'aéroport

BEYROUTH - Les autorités syriennes ont bloqué l'accès à Internet dans tout le pays et ont coupé les communications téléphoniques dans certaines régions, jeudi, alors que les rebelles et les troupes gouvernementales étaient engagés dans de violents combats près de l'aéroport de la capitale, forçant les transporteurs aériens à suspendre les vols, ont déclaré des militants de l'opposition.

Le blocage total de l'accès à Internet, confirmé par deux fournisseurs américains qui surveillent la connectivité au Web à travers le monde, est sans précédent depuis le début du conflit en Syrie, en mars 2011.

Les forces du régime ont subi plusieurs défaites tactiques au cours des dernières semaines, perdant notamment des bases aériennes et d'autres installations stratégiques. Le blocage d'Internet pourrait être une tentative du gouvernement d'entraver la progression des rebelles.

Dans le passé, les autorités syriennes avaient déjà coupé les lignes téléphoniques et l'accès à Internet dans des zones où se déroulaient d'importantes opérations militaires afin de perturber les communications des rebelles. Les militants de l'opposition contactés jeudi par téléphone satellite ont confirmé que l'accès à Internet était totalement bloqué dans le pays.

L'entreprise Renesys, une firme de sécurité qui étudie les perturbations sur Internet, a déclaré dans un communiqué que le réseau syrien était disparu du réseau mondial vers 12h26, heure locale.

Akamai Technologies, une autre entreprise américaine qui distribue du contenu sur Internet, a également confirmé le blocage total du réseau en Syrie.

Les rebelles tentaient jeudi de reprendre leurs positions dans la capitale après en avoir été largement délogés après l'offensive du mois de juillet à Damas. Des rebelles affrontaient les troupes gouvernementales près de l'aéroport international de la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. L'armée syrienne a fermé la route menant à l'aéroport.

Certains transporteurs aériens, dont Emirates et Egypt Air, ont temporairement suspendu leurs vols vers Damas.

Un haut responsable d'Egypt Air a indiqué que le vol pour Damas prévu vendredi avait été annulé à cause de la détérioration de la situation à l'aéroport. Ce responsable a précisé qu'une réunion d'urgence était prévue pour évaluer la possibilité de suspendre tous les vols vers la capitale syrienne.

L'aéroport de Damas se trouve dans la banlieue sud de la ville, et les quartiers environnants sont considérés comme des bastions d'appui aux rebelles depuis le début du soulèvement.

Les avions de l'armée syrienne ont bombardé jeudi des zones rebelles autour de Damas, dont Daraya, où les combats font rage depuis plusieurs jours, alors que les rebelles tentaient d'avancer vers la capitale.

Dans le sud du pays, des rebelles ont attaqué la maison de l'un des hauts responsables du parti Baas à Deraa. Les combattants ont fait exploser une bombe près de la maison d'Hussein Rifai, le tuant avec trois de ses gardes du corps, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui s'appuie sur un réseau de sources sur le terrain.

L'agence de presse officielle SANA a rapporté l'attentat à la bombe à Deraa, mais n'a pas précisé si Hussein Rifai faisait partie des victimes.

La ville de Deraa est considérée comme le berceau du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad.

Sur la scène diplomatique, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, a blâmé jeudi les divisions au sein du Conseil de sécurité de l'ONU pour le manque de progrès de sa mission visant à faire cesser les combats sur le terrain.

M. Brahimi s'est rendu jeudi au siège de l'ONU, à New York, pour rendre compte de sa mission en Syrie. Il a souligné avoir des éléments pour un éventuel plan de paix, mais que ce plan ne pourrait être développé «tant que le Conseil ne fera pas front commun et ne sera pas prêt à adopter une résolution qui constituerait une base pour une sortie politique du conflit».

Les puissances internationales restent très divisées sur les solutions à apporter au conflit syrien. Les États-Unis, ainsi que plusieurs pays arabes et européens, réclament le départ du président syrien Bachar al-Assad, tandis que la Russie, la Chine et l'Iran continuent de soutenir son régime.

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