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29/11/2012 05:37 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Rachat de la dette grecque: les grandes banques pointent des "incertitudes"

L'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les grandes banques, a estimé jeudi que l'accord entre la Grèce et ses créanciers ne levait pas toutes les "incertitudes" et a jugé "crucial" que le rachat de la dette grecque ne se fasse que sur la base du "volontariat".

Réunis à New York, les membres du groupe de surveillance des marchés de l'IIF "se sont réjouis" de l'accord conclu mardi entre le Fonds monétaire international (FMI) et la zone euro pour éviter une explosion de la dette grecque, selon un communiqué de l'organisation.

L'IIF note néanmoins que "l'incertitude demeure" notamment sur une des mesures les plus complexes de l'accord: le rachat par la Grèce d'une partie de sa dette détenue par les créanciers privés. Les premiers résultats de l'opération, qui doit débuter lundi, sont attendus pour le 13 décembre.

"Pour le moment, l'issue du rachat -- et la décision finale sur le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide à la Grèce -- reste incertaine", a précisé l'IIF, qui appelle l'Union européenne et le FMI à accroître "leur soutien" et à faire "plus de concessions".

Le FMI a lui-même indiqué jeudi qu'il attendrait de connaître le résultat de l'opération pour soumettre l'accord à son conseil d'administration, condition sine qua non au déblocage de l'aide promise à la Grèce.

L'IIF a tenu à souligner jeudi qu'il était "crucial" que tout rachat de dette soit mené "sur la base du volontariat".

Les banques, qui ont consenti dans l'ensemble une énorme remise de dette à la Grèce au printemps, craignent d'essuyer de nouvelles pertes avec cette opération en étant contraintes d'y participer.

Les quatre principales banques grecques, qui sont en voie de recapitalisation, ont fait part de leurs inquiétudes jeudi à Athènes.

Pour l'IIF, l'accord conclu à Bruxelles sera, quoi qu'il arrive, loin de régler le problème de la dette grecque.

"Des progrès significatifs vers une dette viable ne pourront être accomplis qu'avec le retour de la croissance" en Grèce, engluée dans la récession pour la cinquième année consécutive, souligne l'Institut dans son communiqué.

"Un rythme plus modéré de réduction des déficits (...) est requis d'urgence pour renouer avec la croissance" en Grèce, assure l'IIF, qui appelle également à mettre l'accent sur les réformes structurelles (privatisations, fiscalité...).

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