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29/11/2012 11:19 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Libye: taux de prévalence du sida à 87% chez les toxicomanes

Le taux de prévalence du virus du sida (VIH) atteint 87% parmi les toxicomanes en Libye où les injections de drogues restent la principale source d'infection, selon un rapport du Centre de lutte contre les maladies dont l'AFP a obtenu jeudi une copie.

"Ce taux est parmi les plus élevés dans le monde en comparaison avec les pays de la région (22% au Maroc, 7,7% en Egypte et 3,1% en Tunisie), ou l'Estonie réputée détenir le plus haut taux mondial (72%)", lit-on dans le rapport.

Selon les dernières statistiques portant sur la période entre 1990 et fin 2010, quelque 12.000 cas de sida ont été enregistrés en Libye, soit un taux de prévalence de 0,13% sur l'ensemble de la population, estimée à plus de six millions d'habitants.

Le directeur du programme national de lutte contre le sida en Libye, Hussein Ben Othman, a prévenu qu'en raison de la défaillance de l'appareil sécuritaire après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, "la consommation de stupéfiants pourrait se propager davantage et aggraver les cas de contamination" par le sida.

Actuellement, seules 2.000 personnes vivant avec le VIH sont suivies médicalement et ont accès à un traitement gratuit, a précisé M. Ben Othman, déplorant une "perturbation de l'approvisionnement en traitements antirétroviraux" ainsi que les dysfonctionnement des divers services.

Selon lui, les autorités envisagent la mise en place de centres de dépistage du sida anonymes et gratuits.

"Nous avons acquis une unité mobile qui sera opérationnelle la semaine prochaine destinée à servir de centre de dépistage volontaire", a-t-il dit à la veille de la journée mondiale de lutte contre le Sida vendredi 30 novembre.

Selon lui, d'autres centres permanents seront implantés dans divers établissements sanitaires à travers ce pays ultra-conservateur "pour inciter les citoyens libyens à faire les analyses et connaître leur statut sérologique avec la garantie du secret".

Un plan 2012-2013 de lutte contre le sida a été mis en place en collaboration avec l'université de Liverpool en Grande-Bretagne dans le cadre de la coopération entre la Libye, l'Union européenne et des organismes de l'Onu.

Ce plan de lutte contre la pandémie prévoit notamment la formation du personnel médical et la sensibilisation du public, en particulier dans le milieu des toxicomanes.

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