NOUVELLES
29/11/2012 05:50 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Le Koweït en crise organise ses deuxièmes législatives en moins d'un an

Le Koweït organise samedi ses deuxièmes législatives en moins d'un an mais ce scrutin ne pourrait sortir le riche émirat pétrolier de la crise en raison du boycott de l'opposition qui exige des réformes de fond.

L'opposition --islamiste, nationaliste et libérale-- qui conteste un amendement de la loi électorale, a fait campagne pour le boycott du scrutin, le second en 2012 et le cinquième depuis la mi-2006.

Le taux de participation sera un test décisif pour la popularité de l'opposition et du gouvernement dans ce pays, perçu chez ses voisins du Golfe comme un pionnier de la démocratie avec un Parlement élu depuis 1962.

"Le Koweït est à la croisée des chemins. Le résultat du vote samedi sera décisif pour l'avenir du pays", a déclaré un candidat chiite aux législatives, Abdelwahed al-Khalfan.

"Si le taux de participation est inférieur à 35/40%, l'opposition en sortira renforcée. Mais s'il dépasse les 50%, comme nous l'espérons, ce sera un important stimulant pour le prochain Parlement", a-t-il déclaré à l'AFP.

En l'absence d'aucune figure importante de l'opposition aux législatives, les 50 sièges de la Chambre seront remportés par des candidats pro-gouvernementaux.

L'opposition contrôlait 36 des 50 sièges de la Chambre dissoute en février.

La campagne électorale a été terne avec une timide participation aux rassemblements des candidats.

"Nous nous attendons à un taux de boycott de 70%. Nous estimons que la campagne de boycott a été un grand succès", a déclaré l'ex-député de l'opposition Mohammed al-Dallal.

"Nous sommes optimistes que le prochain Parlement ne durera pas longtemps car il est rejeté par de larges tranches de la population. Il est déjà dépourvu de toute légitimité populaire et constitutionnelle", selon lui.

Répliquant aux appels au boycott, le gouvernement a organisé une campagne à la télévision d'Etat pour convaincre les électeurs de voter. L'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a exhorté les Koweïtiens à exercer leur droit démocratique.

Le conflit actuel entre le gouvernement, dirigé par la famille régnante des Al-Sabah, et l'opposition a été déclenché par un décret de l'émir en octobre amendant la loi électorale.

Pour l'opposition, l'amendement est inconstitutionnel et vise à manipuler les résultats du scrutin pour élire un parlement pro-gouvernemental.

Dans un verdict sans précédent rendu il y a quatre mois, la Cour constitutionnelle avait annulé les élections législatives de février, dissous le Parlement contrôlé par l'opposition et rétabli une Chambre pro-gouvernementale.

"La confrontation se poursuivra sous des formes différentes. La violence n'est pas exclue", a averti l'analyste indépendant Nasser al-Abdali, directeur de l'organisation koweïtienne pour la promotion de la démocratie.

"C'est une lutte entre le chaos et l'état de droit. Maintenant, le Koweït assiste au chaos avec des institutions publiques paralysées et une oeuvre de développement au point mort malgré d'énormes excédents financiers", a-t-il dit.

Le Koweït a cumulé des excédents budgétaires de 250 milliards de dollars ces 13 dernières années grâce aux prix élevés du brut, et ses avoirs à l'étranger sont estimés à 400 milliards de dollars.

Après le scrutin, l'opposition va mener campagne pour inciter au boycott du gouvernement et du Parlement, selon M. Dallal.

Depuis la mi-2006, neuf gouvernements ont démissionné et le Parlement a été dissous à six reprises sur fond de revendications de réformes et de partage du pouvoir. Mais l'opposition n'a jamais contesté la famille Al-Sabah, au pouvoir depuis plus de 250 ans.

oh/tm/tp

PLUS:afp