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La colonie brésilienne, à l'origine de l'ascension du Shakhtar Donetsk

29/11/2012 04:11 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Difficile d'imaginer contraste plus saisissant qu'entre les plages de Rio de Janeiro et les terrils entourant Donetsk, mais c'est pourtant grâce à une armada de Brésiliens que le club du sud-est de l'Ukraine s'est fait un nom sur la scène du football européen.

Le Shakhtar survole son championnat national, avec 11 points d'avance sur Dniepropetrovsk et 14 sur son grand rival, le Dynamo Kiev. Dans un groupe E de la Ligue des champions relevé, avec Chelsea et la Juventus, les Ukrainiens sont qualifiés pour la phase finale avant même la dernière journée. Une telle réussite aurait été impossible sans l'apport des Brésiliens.

"Ils sont tous très talentueux, ne rechignent pas à travailler dur et correspondent très bien à notre manière de jouer", se félicite Rinat Akhmetov, propriétaire du club. On pourrait même former une équipe 100% brésilienne si l'on comptabilisait tous les joueurs originaires du géant sud-américain qui ont évolué au cours de la dernière décennie sous les couleurs orange.

Certains Brésiliens, encore au club, se souviennent du choc que fut pour eux l'arrivée dans cette ville industrielle d'un million d'habitants, fondée au milieu du XIXe siècle par un industriel gallois pour extraire le charbon.

"Pour être franc, quand j'ai débarqué ici à 20 ans dans un univers complètement inconnu après avoir traversé l'océan, j'avais du mal à imaginer rester plus de trois ans", explique Fernandinho, originaire de Londrina, dans le sud du Brésil.

"Aujourd'hui, j'en ai 27 et mon contrat court jusqu'en 2016. Et je ne serais pas étonné de finir ma carrière ici", ajoute-t-il.

Car si Donetsk ne possède aucun attrait touristique, si la qualité de vie y est inférieure à celle qu'un sportif peut connaître en France, en Italie ou en Allemagne, si le climat est rigoureux, le club possède en revanche un bon argument pour attirer les pépites brésiliennes: des espèces sonnantes et trébuchantes.

Et Fernandinho ne cache pas que l'appât du gain est à l'origine de l'expatriation de ses compatriotes. "Bien sûr, l'argent est ce qui a de plus important", reconnaît-il.

Mais le Shakhtar offre aussi à ses footballeurs des conditions d'entraînement optimales, avec des installations haut de gamme, à l'image de son superbe stade, la Donbass Arena, du nom de cette région houillère.

Un patronyme est également inséparable de la présence de la colonie brésilienne au Shakhtar: Mircea Lucescu, entraîneur en poste depuis 2004.

En effet, le Roumain a toujours admiré les footballeurs brésiliens, à l'époque où il était capitaine de la sélection roumaine dans les années 1970 ou lorsqu'il avait sous ses ordres Ronaldo, quand il entraînait l'Inter Milan.

Car si Brandao, actuel attaquant de Saint-Etienne, a été le premier Brésilien à atterrir au Shakhtar, en 2002, le premier joueur brésilien à changer la face du club a été le défenseur Francelino Matuzalem.

"Le transfert (en 2005) de Matuzalem a constitué un tournant pour le Shakhtar. On a bâti une nouvelle équipe autour de lui et il en est devenu aussitôt le vrai leader", explique Lucescu, qui a appris le portugais pour communiquer avec les Brésiliens.

"Je suis très heureux de pouvoir incorporer de jeunes talents dans mon équipe et de les faire progresser au niveau de la Ligue des champions en à peine deux ou trois ans", poursuit le Roumain.

Reste maintenant un défi de taille, la remporter.

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