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29/11/2012 07:28 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

En Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens ont les yeux rivés vers l'ONU

A grand renfort de trompettes et de cornemuses, la fanfare entonne l'hymne palestinien. A Ramallah comme dans le reste de la Cisjordanie, et à Gaza, les Palestiniens célébraient jeudi par milliers le nouveau statut auquel ils sont promis à l'ONU.

Sur la place Yasser Arafat de Ramallah, Ghanem Rouzayqat espère: "Avec le nouveau statut de la Palestine à l'ONU, on va enfin compter dans la communauté internationale".

"Je suis venu d'Hébron pour un congrès de dentistes, mais je suis resté à Ramallah pour montrer mon soutien au président Abou Mazen (le surnom de Mahmoud Abbas)", confie Ghanem, la vingtaine timide.

"Ce statut n'a que du bon. Nous allons pouvoir saisir la Cour pénale internationale (CPI) et montrer au reste du monde ce qu'Israël nous fait subir", se félicite-t-il.

Sur la place Arafat, l'ambiance est bon enfant, décontractée. Les drapeaux palestiniens rouge, blanc, noir et vert, flottent paresseusement au vent.

Sur la scène dressée pour l'occasion, une banderole proclame simplement "La Palestine à l'ONU" avec Jérusalem, un portrait de M. Abbas et un autre du défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat en arrière-plan. Les orateurs se succèdent.

Un millier de Palestiniens de Cisjordanie avait accouru à la mi-journée à Ramallah, environ 12 heures avant que le vote historique n'ait lieu à New York.

Le keffieh autour du cou, Ihab Yassine voit surtout dans ce nouveau statut d'"Etat observateur" une chance pour ses enfants, Tala, 8 ans, et Kamel, 6 ans, qu'il a traînés au rassemblement.

"A terme, nous serons un vrai Etat, c'est important pour les générations futures", lance M. Yassine, en écho à la résolution soumise à l'ONU.

Le texte "émet l'espoir que le Conseil de sécurité considérera de manière favorable" la candidature de la Palestine comme membre à part entière, déposée en septembre 2011 par M. Abbas mais bloquée, faute du nombre de voix nécessaire et de la menace de veto américain.

La date du vote jeudi n'a pas été choisie au hasard. En ce même jour de novembre il y a 65 ans, l'ONU adoptait le plan de partition de la Palestine mandataire en un Etat juif et un Etat arabe.

Xavier Abou Eid, un porte-parole du département de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentante des Palestiniens, promet: "65 ans après, nous sommes de retour aux Nations unies. Mais cette fois, nous y resterons".

Une patrouille de scouts se fraye un chemin à travers la foule. "Israël évoque des représailles contre nous, mais moi, je suis fonctionnaire et il est déjà arrivé que nos salaires ne soient pas versés pendant un an. Et regardez, nous sommes toujours là!", clame Ihab Yassine.

Dans la bande de Gaza gouvernée par le Hamas, des milliers de Palestiniens ont participé à un défilé unitaire, du siège du Conseil législatif au bâtiment de l'ONU.

Certains brandissaient des portraits de Mahmoud Abbas, scène rare dans l'enclave, qui échappe depuis 2007 à son autorité, et de Yasser Arafat, symbole de l'unité perdue et retrouvée à la faveur de la démarche à l'ONU.

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