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29/11/2012 04:58 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Combats autour d'une base de l'armée syrienne, rapport de Brahimi à l'ONU

Les rebelles accentuaient jeudi la pression sur l'armée dans le Nord en lançant un assaut contre l'une de ses dernières bases, juste avant un rapport sur la guerre civile en Syrie de l'émissaire international Lakhdar Brahimi devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Dans le même temps, l'aviation menait de nouveaux raids meurtriers, après que les rebelles ont abattu en moins de 24 heures deux de ses appareils avec des missiles, une première qui pourrait changer le rapport de force en Syrie.

Au moins quinze civils, dont cinq enfants et deux femmes, ont ainsi été tués dans le largage de deux barils bourrés d'explosifs sur Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une vidéo mise en ligne par des militants, montre des habitants qui tentent de secourir un enfant agonisant, enveloppés dans une épaisse poussière.

Aux abords du cratère causé par l'explosion, on voit des cadavres, dont celui d'un enfant, le corps ensanglanté et recouverts de poussière, au pied de voitures soufflées par l'explosion et de plusieurs immeubles aux façades détruites.

Plus à l'ouest, les rebelles ont lancé un assaut sur la base de Wadi Deif, l'une des dernières places fortes de l'armée dans la région, a précisé l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins à travers le pays.

En prenant récemment plusieurs bases à l'armée, les rebelles ont gagné du terrain le long des frontières turque et irakienne, alors que les troupes du régime défendent pied à pied chaque zone attaquée sur un axe partant du sud du pays jusqu'à Lattaquié sur la côte nord-ouest, via la capitale et sa région.

La banlieue de Damas a été frappée mercredi par l'attentat le plus meurtrier pour les civils, avec plus de 54 personnes tuées à Jaramana, localité favorable à Bachar al-Assad peuplée en majorité de druzes et de chrétiens.

La Russie, allié clé de Damas, a condamné avec la plus grande fermeté ces attentats, des "crimes de terroristes que rien ne peut justifier", tandis que l'ONU a "condamné dans les termes les plus forts des attaques terroristes".

Jeudi, les autorités ont fermé la route reliant Damas à l'aéroport en raison des violences dans la banlieue, selon l'OSDH, qui rapporte que l'aviation bombardait les vergers bordant Damas, où la rébellion a ses bases arrière.

En outre, des roquettes sont tombées sur le sud de Damas, selon l'OSDH, qui fait aussi état de combats à Deir Ezzor (est), Alep (nord), Idleb (nord-ouest) et Homs (centre).

Mercredi, 158 personnes, dont 99 civils, ont été tuées selon l'OSDH qui a recensé plus de 40.000 morts depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression brutale du régime.

Alors que les violences ne faiblissent pas, M. Brahimi doit rendre compte à partir de 14H00 GMT de sa mission auprès du Conseil de sécurité, toujours divisé entre Occidentaux d'un côté et Russes et Chinois de l'autre.

Moscou et Pékin y ont bloqué trois projets de résolution occidentaux condamnant la répression.

Toujours sur le plan diplomatique, Madrid a reconnu la Coalition de l'opposition comme "le représentant légitime du peuple syrien", rejoignant Londres, Paris, Ankara et les Etats du Golfe.

L'ONG Campagne internationale pour l'interdiction des mines (ICBL) a accusé Damas d'être le seul gouvernement au monde à avoir posé des mines antipersonnel en 2012, tandis que Human Rights Watch (HRW) dénonçait l'utilisation par les rebelles d'enfants pour transporter des armes, faire le guet où même combattre.

Par ailleurs, dans une nouvelle vidéo, la journaliste ukrainienne Ankhar Kochneva, enlevée début octobre par des rebelles, a affirmé avoir été envoyée en Syrie par les renseignements russes, des propos vraisemblablement tenus sous la contrainte.

En outre, un médecin britannique, Abbas Khan, qui opérait dans les hôpitaux de campagne des rebelles dans le nord a été arrêté par les forces du régime, selon l'OSDH qui insiste sur le fait qu'il n'était "ni un combattant rebelle ni un jihadiste".

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