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29/11/2012 12:52 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Budget américain: "pas de progrès significatifs", selon les républicains

Le président républicain de la Chambre américaine des représentants a estimé jeudi qu'il n'y avait pas eu de "progrès significatifs" dans les négociations entre les élus et le gouvernement démocrate pour réduire le déficit et sortir de l'impasse budgétaire.

"En dépit de la volonté du président d'avoir une approche équilibrée, les démocrates doivent être sérieux sur les coupes réelles dans les dépenses", a déclaré John Boehner devant la presse, marquant un changement de ton.

Selon lui, "il n'y a pas eu de progrès significatifs ces deux dernières semaines dans les discussions entre la Maison Blanche et la Chambre des représentants" qui visent à éviter le "mur budgétaire" en janvier, susceptible de faire plonger le pays en récession.

M. Boehner s'exprimait devant la presse à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, qu'il a qualifiée de "franche et directe", reprochant toutefois à son interlocuteur de n'avoir pas de "programme spécifique en matière de réductions des dépenses".

"Sans réductions des dépenses et réformes des programmes sociaux, il sera impossible de résoudre la crise de la dette de notre pays, de faire remarcher notre économie et de créer des emplois", a déclaré M. Boehner.

"Il est temps pour le président, et les élus démocrates, de dire aux Américains quelles coupes dans les dépenses ils veulent vraiment faire", a-t-il insisté.

Au lendemain de la réélection de Barack Obama, les élus républicains avaient semblé plus conciliants, M. Boehner affirmant n'être pas opposé à augmenter les "ressources" de l'Etat, ce qui pourrait passer par la suppression de certaines niches fiscales.

Cependant, les républicains ont rejeté jeudi une proposition de l'administration Obama qui aurait permis d'obtenir 1.006 milliards de dollars de revenus supplémentaires grâce à de nouveaux impôts, qualifiant cette offre de "ridicule" et de "déraisonnable".

Le président américain, Barack Obama avait appelé de son côté mercredi à la conclusion d'un accord avant Noël.

Faute d'accord, les Américains subiront à partir du 2 janvier une hausse importante et automatique des impôts, conséquence d'une loi votée en 2011 pour forcer une diminution du déficit, qui a atteint 7% du produit intérieur brut en 2012.

Le seul moyen d'annuler cette hausse est le vote d'une nouvelle loi sur un plan de réduction du déficit au Congrès. Démocrates et républicains doivent donc trouver un compromis plus équilibré que ce "mur budgétaire".

Les démocrates exigent que les impôts augmentent pour les 2% d'Américains gagnant plus de 250.000 dollars par an pour un couple, ou 200.000 dollars pour une personne seule, une proposition jusqu'à présent refusée par les républicains mais sur laquelle certains commencent à fléchir.

En échange d'une hausse des recettes fiscales, le camp républicain réclame une réforme des programmes sociaux, par exemple en repoussant l'âge de la retraite à taux plein.

La brusque augmentation des impôts pour tous les ménages en janvier pourrait replonger le pays en récession.

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