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Brésil: le système de joueurs en copropriété de plus en plus controversé

29/11/2012 04:23 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Rares sont les clubs de football qui ont les moyens de financer à 100% le recrutement d'une star, une situation qui a ouvert la voie à l'acquisition de joueurs en copropriété, un système controversé en raison du poids que peuvent prendre ces investisseurs privés.

Les copropriétaires vont des agences sportives aux grandes entreprises et visent en général de jeunes talents.

Le retour sur investissement -qui inclut les coûts de l'entraînement et de l'hébergement- arrive au moment de la vente du joueur dont la valeur a augmenté. L'investisseur privé reçoit alors son pourcentage.

Cette pratique est fréquente au Brésil, où les clubs sont financièrement insolvables.

Des stars comme "Neymar, Lucas, Oscar, Leandro, Damiao, Dede ou Wellington Nem sont des exemples de joueurs avec des droits partagés entre les clubs et les investisseurs et beaucoup d'entre eux restent au Brésil en raison de la participation de ces tiers", a expliqué à Rio l'avocat Marcos Motta.

Spécialiste en droit sportif, M. Motta s'exprimait mercredi lors d'une conférence de presse dans le cadre de la clôture de Soccerex, la grand-messe du business du football.

Mais les règles de ce système de copropriété sont changeantes et instables, parce qu'on n'a pas réussi à en fixer les limites.

La Fifa veut éviter à tout prix que les investisseurs privés aient une influence sur les décisions du club, comme le détermine son règlement. Toutefois, ces règles se prêtent à diverses interprétations.

"Nous sommes loin d'avoir toutes les réponses", a prévenu Omar Ongaro, responsable du Statut du joueur de la Fifa.

"Nous voulons une solution mondiale avec les mêmes règles pour toutes les parties. Nous veillons à la sécurité du sport et des joueurs, pour qu'ils puissent contrôler leur carrière", a-t-il ajouté.

Un groupe au sein de la Fifa "soutient fortement" l'interdiction des investisseurs privés dans les contrats, selon lui.

Leurs défenseurs assurent toutefois que dans la plupart des cas les investisseurs n'ont pas intérêt à influencer les décisions des clubs.

Parfois "ils ne connaissent même pas le joueur", car il s'agit d'une transaction "purement commerciale", a souligné le super agent du football Pini Zahavi.

L'UEFA a annoncé la semaine dernière un durcissement de ses règles sur la copropriété, répondant ainsi aux pressions des Ligues britannique et française, actuellement les seules à interdire cette pratique en Europe.

Daniel Lorrenz, directeur juridique du FC Porto (Portugal), s'est dit "préoccupé" par la possibilité que la Fifa interdise que les joueurs recrutés avec la participation de tiers participent à des tournois internationaux, comme la Ligue des champions par exemple.

"Nous avons utilisé cet outil depuis plusieurs années avec succès. Sans lui nous n'aurions pas pu recruter beaucoup des bons joueurs que nous avons eus dans notre club, comme ça a été le cas en 2005 avec les Argentins Lucho Gonzalez et Lisandro Lopez, et du Brésilien Hulk qui est maintenant au Zenit", a-t-il rappelé.

Hulk, également attaquant de la sélection brésilienne, a été vendu au club russe de Saint-Pétersbourg pour 60 millions d'euros, l'un des transferts les plus chers de l'histoire.

Si les interdictions augmentent, si la participation des investisseurs privés disparaît, cela va "réduire l'exploitation des droits économiques", a estimé Daniel Cravo, avocat des clubs brésiliens Fluminense et International.

"Les plus grands clubs du monde n'ont pas besoin d'investisseurs, mais de nombreux clubs ne pourraient pas survivre sans ces acteurs", a dit M. Zahavi, soulignant que seuls les plus puissants clubs d'Europe peuvent se permettre des transactions directes, après avoir été achetés par des groupes russes ou arabes.

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