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28/11/2012 11:16 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Tunisie: la justice ordonne la libération d'un patron de télé emprisonné

La Cour de cassation tunisienne a ordonné mercredi la libération du patron de la chaîne Ettounsiya TV, Sami Fehri, a dit son avocate à l'AFP, alors que son placement en détention avait déclenché des critiques contre le pouvoir accusé de museler un de ses détracteurs.

"Il sera libéré dans les heures qui viennent, le jugement vient seulement d'être rendu et on attend que le télégramme ordonnant sa libération soit transmis à la prison civile de la Mornaguia" près de Tunis, a indiqué maître Sonia Dahmani.

"Nous n'avons pas encore les détails du jugement, mais on imagine pourquoi la cour a (prononcé la libération), il y avait de telles atteintes au droit", a-t-elle ajouté.

Sami Fehri est poursuivi pour des préjudices financiers causés à la télévision nationale tunisienne à l'époque du président déchu Zine El Abidine Ben Ali et risque 10 ans de prison.

Ses avocats ont demandé à la Cour de cassation l'annulation de son placement en détention provisoire en raison de graves vices de procédure.

Ils estiment aussi que les autorités avaient fait pression sur la magistrature pour emprisonner M. Fehri dont la chaîne diffuse des émissions critiquant le gouvernement.

"Les magistrats ont décidé qu'ils n'obeïssaient plus aux interférences (du gouvernement) et nous avons donc maintenant une décision conforme au droit", a encore estimé mercredi Me Dahmani, commentant l'arrêt de la Cour de cassation.

Sami Fehri a fondé Ettounsiya en mars 2011, quelques mois après la révolution tunisienne. Avant ces événements, il était associé au sein d'une boîte de production, Cactus Prod, à Belhassen Trabelsi, un beau-frère de Ben Ali.

Son placement en détention fin août avait fait scandale notamment car, quelques jours plus tôt, il avait annoncé avoir cessé la diffusion d'une mission de satire politique de Guignols à la suite de pressions des islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement tunisien.

Sa chaîne de télévision entretient des relations difficiles avec le pouvoir. Ainsi, l'Etat tunisien a tenté de faire interdire la semaine dernière la diffusion d'un entretien avec Slim Chiboub, un gendre de M. Ben Ali.

La justice tunisienne avait tranché en faveur des autorités avant de revenir sur sa décision, permettant à Ettounsiya TV de diffuser l'interview lundi soir.

alf/hj

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