Les rebelles syriens ont abattu un avion des forces gouvernementales syriennes et capturé l'un des pilotes, mercredi, dans le nord-ouest du pays.

Les deux pilotes du chasseur-bombardier se sont éjectés avant que leur avion s'écrase, provoquant une explosion, dans une oliveraie près de Tourmanin, à 30 km au nord-ouest d'Alep. L'un des pilotes a été capturé, alors que le sort du second demeure inconnu.

L'avion, un MIG ou un Sukhoi, a été abattu près de la garnison gouvernementale de la base de cheikh Souleimane, dernier bastion de l'armée dans cette région syrienne.

L'avion a été abattu par un missile sol-air pendant qu'il volait à haute altitude. Il s'agit du deuxième appareil abattu par les rebelles, à l'aide de missiles sol-air, en moins de 24 heures.

Les insurgés ont également abattu un hélicoptère, mardi, près d'Alep. C'était la première fois qu'ils détruisaient un appareil à l'aide d'un tir de missile. L'hélicoptère a été touché pendant qu'il bombardait la base de cheikh Souleimane, à 25 kilomètres au nord-ouest d'Alep.

Les rebelles semblent profiter de l'armement dont ils se sont emparés au cours des dernières semaines pour riposter aux attaques de l'aviation gouvernementale syrienne. « Les rebelles ont mené de plus en plus d'opérations audacieuses au cours des dernières semaines », expliquent l'envoyé spécial de Radio-Canada, Akli Ait Abdallah.« Ils se sont attaqués à de grosses casernes [où] ils ont pu, effectivement récupérer du matériel lourd et ces missiles sol-air qui leur servent maintenant à descendre des avions. »

« Il faut voir maintenant de quelle quantité de ce matériel ils disposent et il faut voir aussi s'ils pourront soutenir la confrontation avec l'armée syrienne s'il n'y a pas d'approvisionnement plus régulier en armes », poursuit M. Abdallah. Une chose est sûre, soutient Akli Ait Abdallah, « ils ont une stratégie : récupérer le plus d'armes, isoler les casernes militaires, isoler les accès routiers et s'attaquer à l'aviation qui demeure pour eux le plus grand danger. »

La rébellion qui s'étend à l'ensemble du territoire syrien, force l'armée syrienne à disperser ses troupes tout en conservant un fort contingent dans sa capitale, Damas, symbole du régime de Bachar Al-Assad. « Damas est le siège du pouvoir, explique Akli Ait Abdallah. Si Damas venait à tomber, c'en serait fait du régime de Bachar Al-Assad. »

En attaquant Damas, les rebelles souhaitent forcer l'armée syrienne à dégarnir ses troupes dans le reste du pays et « apporter la peur aux portes du régime », explique le journaliste.

Attentat meurtrier en banlieue de Damas

Pendant que les combats se poursuivaient dans la région d'Alep, un double attentat à la voiture piégée aurait fait 47 morts et 83 blessés à Jaramana - une banlieue située au sud-est de la capitale syrienne, Damas - selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Le ministère de l'Intérieur confirme de son côté la mort de 34 personnes, en plus de 83 blessés.

La municipalité de Jaramana, où vivent une majorité de druzes et de chrétiens, est reconnue comme étant favorable au régime du président Bachar Al-Assad. Les attentats n'ont pas été revendiqués.

Les deux explosions se sont produites simultanément vers 6 h 30, heure locale, sur la place principale de la municipalité. L'une des explosions a eu lieu près d'une station-service. La déflagration a endommagé la façade de plusieurs édifices et des dizaines de voitures.

« Que veulent-ils de Jaramana? », demandait un habitant. « La ville accueille des gens venus de toute la Syrie [...], que ce soit de Deraa (sud) ou de (la province druze) de Soueida. »

« Que veulent-ils? », demandait également un autre habitant. « Ils veulent tuer les enfants en route pour l'école? »

La région de Jaramana a été la cible de plusieurs attentats depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.