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28/11/2012 12:24 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

RDCongo: l'ONU dénonce à nouveau "l'appui extérieur" au M23

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi une résolution qui demande une nouvelle fois au M23 de déposer les armes et dénonce "l'appui extérieur" apporté aux rebelles congolais.

La résolution, déposée par la France et adoptée à l'unamimité, "exige de nouveau que cesse immédiatement tout appui extérieur au M23", sans toutefois citer nommément le Rwanda, mis en cause par des experts de l'ONU.

Le texte confirme l'intention du Conseil "d'envisager de nouvelles sanctions ciblées (...) contre les dirigeants du M23 et les personnes qui (lui) fournissent un appui extérieur".

Le Conseil "se déclare profondément préoccupé par les informations indiquant que le M23 continue de bénéficier d'un appui extérieur, notamment par des renforts militaires, des conseils tactiques et des livraisons de matériel".

La résolution exprime également "l'appui sans faille" du Conseil au groupe d'experts de l'ONU qui ont accusé le Rwanda, ainsi que l'Ouganda, de soutenir et armer les rebelles du M23, et elle invite le Secrétariat des Nations unies à prolonger leur mandat jusqu'au 1er février 2014.

Cette résolution intervient alors que le M23 a amorcé mercredi, selon l'ONU et des témoins, son retrait de Goma, ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), pour se replier plus au Nord.

Le Conseil avait déjà adopté la semaine dernière une résolution appelant à des sanctions contre deux chefs du M23, Innocent Kaina et Baudouin Ngaruye, et demandant aux pays étrangers de mettre fin à leur soutien aux rebelles.

Le Rwanda et l'Ouganda nient toute ingérence en RDC.

A la suite du vote de la résolution mercredi, l'ambassadeur de RDC Ileka Atoki a réclamé une nouvelle fois des sanctions contre de hauts responsables rwandais mis en cause par les experts de l'ONU. "Les sanctions doivent être ciblées et briser tout soutien au M23, en particulier en visant des personnalités étrengères", a-t-il souligné.

Dénonçant le "soutien démontré du Rwanda au M23", il a estimé qu'il s'agissait d'un "acte d'agression qu'il appartient au Conseil de constater".

"Le Rwanda est un havre de paix pour des criminels de guerre", a encore déclaré M. Atoki, en référence à Bosco Ntaganda, ancien général congolais soupçonné d'être le chef du M23 et qui fait l'objet de mandats d'arrêts de la Cour pénale internationale.

Le réprésentant rwandais, le premier conseiller de la mission rwandaise Olivier Nduhungirehe, a de nouveau rejeté les conclusions des experts de l'ONU. "Tomber dans le piège des sanctions et des boucs émissaires faciles ne peut que remettre en cause les acquis de Kampala", la récente réunion des chefs d'Etat régionaux qui a exigé le retrait du M23 de Goma, a-t-il affirmé.

Il a déploré que "certains Etats membres" du Conseil, qu'il n'a pas nommés, "s'engagent dans une croisade" et les a accusés d'avoir longtemps soutenu "un des régimes les plus corrompus d'Afrique", en réference à la RDC. "Nous en payons le prix aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Le Rwanda "va continuer à faire partie de la solution en RDC", a conclu le représentant rwandais, rappelant que son pays allait intégrer le Conseil de sécurité à partir du 1er janvier en tant que membre non permanent.

avz/bdx

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