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28/11/2012 04:10 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Ecclestone joue la carte des promoteurs

Bernie Ecclestone ne s'en ira pas sans se battre. Le responsable de la commercialisation de la F1, âgé de 82 ans, dit avoir le soutien de quelques promoteurs dans le combat qu'il mène.

Ecclestone pourrait être accusé de corruption en Allemagne, ayant présumément avoir payé un banquier allemand pour qu'il favorise en 2005 la société d'investissements britannique CVC Capital. CVC se battait pour prendre le contrôle de la F1 après qu'un consortium de trois banques, dirigé par la banque allemande Bayern LB, eut décidé de vendre les 47,3 % qu'il détenait dans la F1.

Si la justice allemande accuse M. Ecclestone, CVC Capital aurait l'intention de le remplacer à la tête de la F1. La presse allemande en fait ses choux gras.

« Un jour, je ne serai plus là, et il y aura un gros problème, car j'ai de très, très bonnes relations avec les promoteurs, a répliqué Bernie Ecclestone au journal britannique The Independent le 23 novembre. Quelques uns m'ont dit : si vous n'êtes pas là, nous non plus alors. C'est le danger. Ils me font confiance et ne veulent pas me laisser tomber. C'est un facteur très important. »

Bernie Ecclestone ne veut pas prendre sa retraite, et attendra donc le jugement du tribunal et la décision de CVC Capital.

Le promoteur du Grand Prix d'Australie, Ron Walker, a réagi en confirmant qu'il s'en irait aussi. Il est le président de l'Asociation des promoteurs de Grand Prix F1.

« Un certain nombre de promoteurs prendront leur retraite quand Bernie prendra la sienne, a-t-il dit au site pitpass, mais je suis à peu près certain que ces courses resteront dans leur pays. Les promoteurs ont une relation privilégiée avec Bernie. Il est plus un ami qu'un associé.

« La F1 va changer quand il va partir, poursuit l'homme d'affaires australien. Vous ne reconnaîtrez pas la F1, car il l'a bâtie à sa manière. Ce sera la fin d'une époque. »

Une question de contrôle

CVC Capital se battait contre la société américaine Bluewaters Communications qui souhaitait elle aussi prendre le contrôle de la F1. Les Américains avaient dit à M. Ecclestone qu'ils offriraient 1 milliard de dollars américains, et qu'ils étaient prêts à mettre 10% de plus que tout autre offre, mais ils ne pouvaient pas lui garantir son poste.

Or CVC Capital avait garanti à M. Ecclestone qu'il garderait son poste à la tête du sport. Il aurait alors payé le banquier Gerhard Gribkowski (responsable des placements à risque chez Bayern LB) la somme de 43 millions de dollars pour qu'il fasse passer le dossier de candidature de CVC Capital.

Et c'est CVC Capital qui a gagné, en faisant un chèque de 800 millions de dollars.

M. Gribkowski a depuis été emprisonné pour fraude, et la justice allemande a appris qu'il avait reçu un montant de 40 millions de dollars de Bernie Ecclestone. Commission pour avoir faciliter la vente ?

Non, a répondu M. Ecclestone à la justice allemande lors du procès de M. Gribkowski en juin, mais plutôt un montant pour acheter son silence, alors que le banquier allemand le menaçait de dévoiler ses secrets financiers au service des impôts britannique.

« J'aurais été obligé de tout expliquer au fisc, a dit M. Ecclestone, ce qui m'aurait coûté plus de 2 milliards de livres (3,1 milliards de dollars). J'ai payé pour qu'il se calme, et ne fasse pas de bêtises. »

La justice allemande tranchera. Apparemment au tout début de l'année 2013.

De plus en plus de comptes à rendre

Déjà, la Bayern LB, pour laquelle travaillait M. Gribkowski, a décidé en octobre de réclamer à Bernie Ecclestone 350 millions de dollars pour dommages.

Et voici que le 16 novembre, Bluewaters Communications a décidé de poursuivre M. Ecclestone, CVC Capital à hauteur de 650 millions de dollars pour corruption. Elle les accuse de conspiration, ayant fait usage d'un pot-de-vin, tenu secret, au détriment de Bluewaters.

Dans la poursuite, Bernie Ecclestone est dépeint comme étant « avide de pouvoir ».

« Je ne pouvais pas être impliqué, je n'avais rien à vendre », a fini par dire le Britannique de 82 ans à l'agence Reuters, après avoir refusé de commenter la poursuite.

« Je ne vais pas prendre ma retraite, a tranché Bernie Ecclestone. Ça servirait à quoi ? Ce qui est important de comprendre, c'est que les gens se fient sur moi, car ils ont confiance.

« Et ça prendra très longtemps à la personne qui me remplacera pour atteindre ce même niveau de confiance », a-t-il conclu.

La rumeur veut que le patron de l'équipe Red Bull Christian Horner, agé de 39 ans, prenne la place de Bernie Ecclestone à la tête de la F1.

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