NOUVELLES
28/11/2012 02:04 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Des tribunaux égyptiens en grève pour protester contre le président Morsi

LE CAIRE, Égypte - Les cours d'appel de l'Égypte ont décidé de suspendre leurs travaux pour protester contre la décision du président islamiste Mohamed Morsi de s'arroger des pouvoirs exceptionnels, a annoncé la télévision publique mercredi.

Selon la télévision publique, les magistrats des cours d'appel ont décidé de ne pas reprendre le travail tant que le président Morsi ne révoquera pas les amendements constitutionnels annoncés la semaine dernière. De nombreux tribunaux du pays ont déjà cessé de fonctionner en raison de grèves locales.

Dans un communiqué, les magistrats de la plus haute cour d'appel du pays ont estimé que les décrets du président représentaient une attaque «sans précédent et totalement inconcevable» contre la justice et ses principes. Ils précisent que leur décision de cesser le travail est elle aussi sans précédent, mais justifiée par l'«ampleur» de la crise.

La Cour suprême constitutionnelle a quant à elle rejeté les accusations de «conspiration» contre le gouvernement proférées par Mohamed Morsi et les Frères musulmans.

«Ce qui attriste le plus les magistrats de la Cour, c'est que le président s'est associé aux attaques continuelles contre la Cour constitutionnelle, une surprise cruelle et douloureuse», affirme le tribunal dans un communiqué lu par son vice-président, Maher Sami, lors d'une conférence de presse télévisée.

Mohamed Morsi, qui a accédé à la présidence en juin, affirme que les amendements constitutionnels sont nécessaires pour protéger les acquis de la révolution et la transition du pays vers la démocratie.

Le président égyptien a considérablement renforcé ses pouvoirs en adoptant des amendements constitutionnels qui le placent au-dessus de toute supervision judiciaire. Il a également accordé l'immunité à la commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour empêcher qu'elle ne soit dissoute par une décision de justice, de même qu'à la chambre haute du Parlement. Ces deux instances sont dominées par les alliés islamistes de M. Morsi.

Mardi, une manifestation contre le président Morsi a rassemblé plus de 200 000 personnes sur l'emblématique place Tahrir du Caire, épicentre de la révolution qui a mis fin au régime autoritaire du président Hosni Moubarak, en février 2011. Mercredi, des affrontements entre manifestants et policiers se poursuivaient dans le centre du Caire.

Une autre grande manifestation anti-Morsi est prévue vendredi.

PLUS:pc