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28/11/2012 04:18 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Des affrontements avec la police dans le centre de la Tunisie font 177 blessés

TUNIS, Tunisie - Une grève lancée dans une région pauvre du centre de la Tunisie a dégénéré en deuxième jour consécutif d'affrontements entre manifestants et policiers, mercredi, faisant au moins 177 blessés, dont certains grièvement, selon un responsable médical.

Un syndicat local avait organisé une grève générale mardi à Siliana, une ville pauvre du centre de la Tunisie, afin de protester contre le manque d'emplois et d'investissements gouvernementaux. Des témoins ont déclaré que la police avait dispersé une marche pacifique vers l'hôtel de ville pour le deuxième jour de suite mercredi.

«Un climat de panique, de tension et de peur s'est emparé de la région», a déclaré Iyadh Dahmani, un représentant de la région à l'Assemblée constituante. Il a dénoncé le recours aux gaz lacrymogènes et aux pistolets électriques par les policiers pour disperser les manifestants.

Le ministère de l'Intérieur a quant à lui déclaré que les policiers avaient chargé les manifestants quand ils ont attaqué l'hôtel de ville et lancé des pierres aux forces de sécurité.

L'un des organisateurs de la grève générale de mardi, Nejib Sebti, a affirmé que plus de 10 000 personnes s'étaient rassemblements pacifiquement devant l'hôtel de ville pour réclamer davantage de mesures de développement local.

«Encouragés par le gouverneur qui rejette tout dialogue, les forces de sécurité ont réagi de façon encore plus brutale que la répression de Ben Ali», a dit M. Sebti, en référence au dictateur renversé par un soulèvement populaire, en janvier 2011.

Depuis la chute de Zine el Abidine Ben Ali, l'économie tunisienne peine à se relever et le pays a connu de nombreuses manifestations et grèves pour dénoncer le chômage et réclamer des emplois.

Mardi, la Banque mondiale a approuvé un prêt de 500 millions $ US pour soutenir les réformes dans le secteur financier de la Tunisie, ce qui devrait encourager les investissements et la croissance.

La révolution en Tunisie, qui a provoqué d'autres soulèvements populaires dans la région l'an dernier, a commencé dans le centre du pays, beaucoup plus pauvre que les régions côtières.

Un médecin de l'hôpital de Siliana, le docteur Aymen Aissa, a déclaré à l'Associated Press que 177 personnes avaient été soignées dans l'établissement. Parmi ces blessés, 22 ont été transférés dans la capitale pour recevoir des traitements plus poussés. Certains souffrent de blessures aux yeux, a précisé le docteur Aissa.

L'hôpital a également rapporté 14 blessés dans les affrontements de mardi.

En plus de réclamer la création d'emplois, les manifestants de Siliana demandent la démission du gouvernement du parti islamiste Ennahda issu des élections de l'an dernier, ainsi que la libération de 14 militants pro-démocratie.

Le mouvement de protestation s'est étendu à plusieurs villes de la région, dont Gaafour, Makthar et Bouarada.

À Tunis, quelque 200 manifestants se sont rassemblés devant le ministère de l'Intérieur mercredi pour protester contre «la répression» dont sont victimes les résidants de Siliana.

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