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28/11/2012 06:03 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Brésil: une Seleçao jaune pâle à six mois de la Coupe des Confédérations

En perpétuelle rénovation, la jeune sélection du Brésil reste désespérément en quête de style, de résultats et désormais de sélectionneur, à six mois de la Coupe des Confédérations, test grandeur nature avant le Mondial-2014 au pays du foot roi.

La Seleçao est en plein chantier, à l'image de villes brésiliennes qui accueilleront les deux compétitions. Sans garantie qu'elle sera prête à temps pour rivaliser avec les grosses cylindrées européennes ou l'Argentine de Messi.

Peu de Brésiliens disent d'ailleurs croire réellement dans les chances des pâlichons successeurs des Pelé, Zico ou Ronaldo de lever une sixième fois la Coupe du monde dans les tribunes du mythique Maracana en 2014, le rêve de tout un peuple.

Après de longues hésitations, la Confédération brésilienne (CBF) a finalement opté pour l'électrochoc, en limogeant vendredi le sélectionneur Mano Menezes, à six mois de la Coupe des Confédérations, dont le tirage au sort aura lieu samedi à Sao Paulo.

En deux ans et demi, "Mano" n'a pas convaincu: 21 victoires en 40 matches, une élimination en quart de finale à la Copa America 2011 (par le Paraguay aux tirs au but) et une amère médaille d'argent aux jeux Olympiques de Londres, le seul tournoi qui manque au palmarès brésilien.

A son actif, Menezes a presque fait table rase de l'équipe que son prédécesseur Dunga avait conduite au fiasco du Mondial-2010 (quart de finale) au gré d'un style aux antipodes du football samba.

Il a misé sur de jeunes talents évoluant pour la plupart au Brésil, à l'image du jeune prodige Neymar (17 buts en 27 sélections). Au prix d'une rotation permanente, avec pas moins de 112 joueurs sélectionnés!

Même si le retour en forme de l'expérimenté Kaka a récemment redonné quelques couleurs à la Seleçao, le Brésil pointe à la 13e place du classement Fifa, après être tombé à la 14e en octobre, la pire de son histoire...

Il a souvent été défait par les grandes nations et obtenu contre des sélections de second rang des victoires sans risque ni prestige.

Ce sera une toute autre affaire lors de la Coupe des Confédérations, avec des adversaires comme l'Espagne championne du monde et d'Europe, l'Italie, le Mexique ou l'Uruguay.

Le désarroi national est si profond que le quotidien sportif Lance! a déclenché un débat en lançant le nom de l'ex-entraîneur espagnol du Barça Josep Guardiola comme possible sélectionneur, le seul capable selon lui d'impulser l'indispensable "révolution" et le retour au "jogo bonito" (beau jeu).

Sacrilège, a rétorqué lundi le président de la CBF José Maria Marin: "Nous avons gagné cinq Coupes du monde avec des sélectionneurs brésiliens, je ne crois pas que ce soit nécessaire".

Même si officiellement l'identité du futur sélectionneur ne devrait être connue qu'en janvier, c'est le nom de Luiz Felipe Scolari qui revient avec le plus d'insistance. Selon le directeur des sélections de la CBF, Andres Sanches, "Felipao", vainqueur de la 5e Coupe du monde du Brésil en 2002 avec Ronaldo, s'est déjà "engagé verbalement".

Mercredi, la presse brésilienne donnait même comme acquise la nomination jeudi de Scolari, déjà passé aux commandes de la Seleçao (2001-2002), avec à la clef la victoire en Coupe du monde 2002, la 5e du Brésil.

L'arrivée d'un nouveau technicien va compromettre la processus initié par Menezes, estime le journaliste de Lance! Michel Castellar. "Que veut Marin? Une équipe capable de gagner le Mondial; la manière importe peu, ce qui compte c'est d'être champion", ajoute-t-il.

Dans cette optique, Scolari est le bon choix, pense au contraire Pau Ramirez, un analyste sportif espagnol basé à Rio: "En 2002, c'était pareil, il a repris l'équipe tardivement et il a gagné".

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