NOUVELLES
27/11/2012 05:52 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Prostitution en croissance dans le quartier Ahuntsic

Le phénomène de la prostitution semble vouloir prendre racine dans le quartier Ahuntsic, dans le nord de l'île de Montréal. Depuis trois ans, le nombre de personnes fichées pour des activités de prostitution est passé d'une dizaine à environ 25, selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Je sais qu'à l'école où mon fils allait, ils ont retrouvé dans la cour d'école des condoms », raconte Yves Dufort, résident du quartier depuis 30 ans.

« Ce que l'on a constaté dans Ahuntsic, c'est une augmentation et un changement de visage de la prostitution », explique la députée de la circonscription, la bloquiste Maria Mourani.

« Il y a non seulement une augmentation des "zones prostitutionnelles", mais aussi [du nombre] de filles qui sont, comme on dit dans le jargon, "pimpées". C'est plus visible qu'avant et ça dérange beaucoup plus qu'avant », explique la députée diplômée en criminologie et en sociologie, et qui a travaillé dans les milieux sociaux avant de se lancer en politique.

Mme Mourani attribue ce changement aux actions menées dans d'autres quartiers pour se débarrasser de la prostitution et de ses inconvénients.

Or, dans l'arrondissement d'Ahuntsic, un comité de travail a été formé il y a deux ans afin de trouver des solutions durables. Il regroupe des intervenants du poste de police du quartier, du Centre de santé et de services sociaux (CSSS), de l'administration de l'arrondissement et de Rap jeunesse, un organisme communautaire.

« On sent vraiment qu'il y a une volonté, et pas juste avec les policiers, mais même avec le CSSS, de trouver des solutions novatrices », se réjouit la directrice de Rap jeunesse, Louise Giguère.

Les travailleurs de rue de l'organisme sensibilisent les prostituées aux nuisances de leur activité sur le voisinage, comme en favorisant l'éloignement des secteurs où il y a des garderies, explique Mme Giguère.

La conseillère d'Ahuntsic, Émilie Thuillier, ajoute que la sensibilisation ne concerne toutefois pas seulement les prostituées. « On a vraiment pris la tangente d'aller travailler sur les clients, les proxénètes quand il y en a, et les vendeurs de drogues », explique Mme Thuillier, qui estime que le fait de viser les prostituées ne fait que déplacer le problème.

De son côté, le Service de police de la Ville de Montréal travaille actuellement à une nouvelle stratégie de lutte contre la prostitution, qui sera rendue publique au cours des prochaines semaines.

D'après un reportage de Francine Plourde

PLUS: