Le président élu du Mexique Enrique Peña Nieto a appelé mardi le gouvernement canadien à réviser sa politique d'immigration et de visas pour les ressortissants mexicains, qui avait été durcie il y a trois ans, dans une tribune publiée dans la presse à la veille de sa venue à Ottawa.

"La décision prise en 2009 d'imposer des demandes de visa aux citoyens mexicains (souhaitant se rendre au Canada) avait été accueillie avec déception", rappelle M. Peña Nieto, qui doit être investi samedi.

Tout en disant "respecter le droit du Canada de fixer ses politiques d'immigration", le futur chef de l'Etat demande "une révision de la politique des visas" dans cette tribune publiée dans le Globe and Mail.

Une telle mesure est justifiée par "le nombre en croissance de Mexicains très travailleurs qui cherchent à visiter, travailler et étudier dans votre pays", écrit le président élu, qui doit être reçu mercredi à Ottawa par le Premier ministre canadien Stephen Harper.

Le gouvernement conservateur de M. Harper avait décidé en 2009 de rétablir de manière impromptue le retour des visas d'entrée sur son sol pour les ressortissants du Mexique afin d'endiguer l'explosion des demandes d'asile faites par des citoyens de ce pays.

Quelque 17.000 Mexicains ont travaillé temporairement au Canada en 2011, majoritairement pour effectuer des travaux saisonniers sur des exploitations maraîchères, et 13.000 autres se sont rendus dans le pays en tant que touristes ou étudiants, rappelle par ailleurs M. Peña Nieto.

"Resserrer nos liens sera accompagné par un enrichissement mutuel", avance-t-il.

En outre, il estime que les deux pays pourraient davantage coopérer en matière de production énergétique, au moment où "le secteur énergétique du Mexique est sur le point de changer" avec son intention, précisée dans la tribune, de l'ouvrir aux investissements étrangers.

Le Canada possède les troisièmes réserves de pétrole du monde, derrière l'Arabie Saoudite et le Venezuela. Et de fait, note le président élu, Mexico et Ottawa "peuvent développer une relation plus étroite afin d'atteindre la sécurité énergétique de l'Amérique du Nord, un objectif commun".