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27/11/2012 07:49 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

L'OCDE prévoit une croissance modérée jusqu'au milieu de l'an prochain au Canada

OTTAWA - La croissance économique du Canada se poursuit, mais ses gouvernement devraient être prêts à intervenir parce que des chocs externes et intérieurs pourraient faire dévier la trajectoire de la reprise économique, a averti mardi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Le groupe de recherche s'attend à ce que l'économie canadienne croisse à un rythme modéré jusqu'au milieu de l'an prochain. Selon ses nouvelles prévisions, l'économie canadienne progressera de 1,5 pour cent au dernier trimestre de cette année et de seulement 1,8 pour cent en 2013.

La prévision pour l'an prochain est inférieure d'un demi-point de pourcentage à celle de la Banque du Canada. Toutefois les deux institutions s'accordent pour prévoir une croissance de 2,4 pour cent au Canada en 2014.

L'organisation établie à Paris impute notamment la tiédeur de ses projections à la faiblesse des marchés d'exportation.

«L'activité d'exportation a ralenti dans la deuxième moitié de 2012 en deçà du taux de croissance potentielle estimé, a observé l'OCDE. Cela témoigne d'un fléchissement des prix des matières premières, qui a réduit les profits et les investissements dans les secteurs à croissance rapide des ressources».

Le recul des cours des matières premières a été évoqué la semaine dernière par le ministre des Finances, Jim Flaherty, qui a reporté ses prévisions de retour à l'équilibre budgétaire à 2015-2016, à condition bien sûr qu'aucun choc imprévu ne vienne déjouer les calculs d'Ottawa.

Quant aux risques intérieurs, ils résident essentiellement dans le niveau élevé de l'endettement des ménages et dans le fait que le niveau élevé des prix des maisons est pris pour acquis, a estimé l'OCDE.

«Le niveau élevé et soutenu des dettes des ménages pourrait entraîner une forte décélération des dépenses des ménages, tandis qu'un affaiblissement soudain du marché immobilier pourrait avoir un effet de débordement négatif important», a expliqué l'organisme.

Si ce risque devait se concrétiser, ou si le Canada était frappé par un choc en provenance de l'extérieur, les gouvernements devraient répondre en augmentant leurs dépenses si nécessaire.

L'OCDE prévient par ailleurs que la Banque du Canada pourrait devoir commencer à hausser les taux d'intérêt d'ici l'été prochain si la situation se perpétue.

Le rapport a été rédigé avant l'annonce du départ du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, lundi. Ce dernier quittera son poste en juin pour devenir gouvernement de la Banque d'Angleterre.

Selon l'économiste de la Banque Scotia Derk Holt, le changement de garde fera en sorte que la banque centrale pourrait hésiter à prendre ce genre de décision pendant la période de transition qui s'annonce.

«La Banque Canada a une équipe très forte, mais il est difficile d'entrevoir un changement de tendance alors que l'incertitude plane sur son leadership», a-t-il écrit dans une note transmise mardi à ses clients.

Les taux de croissance attendus par l'OCDE pour le Canada demeurent toutefois plus forts que la moyenne des 34 pays étudiés, parmi lesquels figurent la plupart des pays industrialisés de la planète. La Chine et l'Inde ne font pas partie du groupe.

«Le risque d'une nouvelle contraction importante ne peut être écarté», croit l'économiste en chef de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, qui évoque la récession en cours dans la zone euro, l'économie hésitante des États-Unis et le ralentissement de plusieurs marchés émergents.

Référant à la situation eu Europe, il ajoute «qu'il n'est pas difficile d'imaginer que la situation puisse se détériorer». L'OCDE prévoit d'ailleurs que le continent devrait rester en récession pendant la plus grande partie de 2013.

Les États-Unis devraient quant à eux dépasser le Canada avec une croissance anticipée de 2,0 pour cent en 2013 et de 2,8 pour cent en 2014. Le Canada devrait indirectement profiter de ce phénomène et voir son taux de chômage passer sous la barre des sept pour cent au cours de la prochaine année.

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