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La droitisation du Likoud, un virage difficile à négocier pour Netanyahu

27/11/2012 07:04 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

L'éclipse des personnalités modérées du Likoud au profit des ultras de la colonisation à l'issue de la primaire de ce parti de droite pourrait s'avérer périlleuse pour Benjamin Netanyahu, grand favori des législatives du 22 janvier, soulignent mardi les commentateurs.

A l'issue du scrutin interne, dont les résultats ont été annoncés lundi soir, certains des ténors de l'aile dure du Likoud, favorable à la colonisation et opposée à une solution à deux Etats avec les Palestiniens, sont assurés d'être élus.

Danny Danon, un farouche partisan de la colonisation considéré comme une des personnalités les plus à droite au Likoud, s'adjuge ainsi la cinquième place sur la liste du parti.

A l'inverse, des ministres considérés comme modérés comme Benny Begin, Dan Méridor et Michael Eitan, n'ont pas réussi à se placer dans les dix premières positions de la liste du parti.

"La liste élue hier semble dictée par les colons et l'extrême droite", estime l'analyste politique Sima Kadmon dans le Yedioth Ahronoth.

"Un des députés les plus à droite du parti Danny Danon, occupe la cinquième place (...) Moshé Feiglin, l'homme que le Premier ministre a traité pendant des années comme un paria (...) sera député", relève-t-elle.

Moshé Feiglin, bête noire de M. Netanyahu qui avait oeuvré lors de précédentes primaires pour le tenir à l'écart des premières places, s'octroie le 14e rang, un positionnement qui devrait lui assurer une place de député.

"Le Likoud va vers la droite", reconnaît le quotidien gratuit Israel Hayom, dont le propriétaire, Sheldon Adelson, est considéré comme très proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Cette liste s'éloigne des valeurs historiques du Likoud, représenté dans le gouvernement actuel par Benny Begin, fils de l'ex-Premier ministre Menahem Begin, soulignent les commentateurs.

"C'est une chose que Méridor et Eitan, qui sont considérés comme des +gens de gauche+ (au sein du parti) aient été rejetés de la liste (...) Mais exclure Benny Begin est la plus forte expression du fait qu'un nouveau Likoud est né hier", analyse Mazal Mualem dans le Maariv.

"Un Likoud délaissant l'héritage de Menahem Begin et qui le méprise", ajoute-t-il, faisant référence à l'attachement passé du parti de droite à l'état de droit et à la justice sociale.

Ministre sans portefeuille, Benny Begin s'est attiré récemment l'hostilité des ultras du Likoud en soutenant la décision de la Cour Suprême de faire évacuer la colonie sauvage de Migron.

"Quand je regarde la liste du Likoud, je me sens mal. Les colons ont transformé le Likoud en parti nationaliste d'extrême-droite. Le Likoud libéral a disparu", a regretté la chef de file du parti de gauche Meretz, Zahava Gal-On.

Même son de cloche au Parti travailliste (centre-gauche), où la nouvelle dirigeante Shelly Yachimovich juge que la liste du Likoud le transforme en parti de "la droite radicale".

Cette "droitisation" du Likoud pourrait être dangereuse pour M. Netanayhu, donné grand favori pour les législatives anticipées du 22 janvier, soulignent certains commentateurs.

"La liste du Likoud est une mauvaise nouvelle pour Netanyahu qui a été attiré malgré lui aux extrêmes de la droite. Ce virage à droite pourrait coûter cher au Likoud dans les bureaux de vote", écrit l'éditorialiste vedette du Yediot Aharonot Nahum Barnea.

"Pour la première fois depuis l'annonce des élections, le résultat n'est plus connu d'avance", argue-t-il, en expliquant que les électeurs centristes pourraient être dissuadés de voter pour lui.

Le Likoud s'est récemment allié avec Israël Beiteinou, le parti ultra-nationaliste du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, pour présenter une liste commune le 22 janvier. Cette liste est créditée de 37 sièges dans les derniers sondages.

Selon les dernières enquêtes, la coalition actuellement au pouvoir --Likoud, Israël Beiteinou, religieux ultra-orthodoxes et extrême droite-- conserverait une position dominante avec 70 sièges sur 120 au Parlement.

dms/agr/feb

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