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Israël: Tzipi Livni, le retour d'une femme intègre aux convictions floues

27/11/2012 10:47 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Tzipi Livni a fait mardi son retour en politique après une brève traversée du désert, mais ses détracteurs la jugent "indécise" et les sondages montrent qu'elle aura du mal à rallier l'électorat centriste sur sa personne.

Rare figure féminine dans le paysage politique israélien, Mme Livni, 54 ans, a souvent provoqué la comparaison avec Golda Meïr, la matriarche à la poigne de fer, Premier ministre d'Israël de 1969 à 1974. A la différence de nombre de responsables politiques israéliens, elle n'a jamais été inquiétée par la justice. Mais sa carrière est en demi-teinte.

"Son exercice de l'opposition a été catastrophique. Elle n'a pas su diriger le parti", lorsqu'elle était à la tête du Kadima (centre-droit) de 2009 au printemps dernier, affirme à l'AFP Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l'Open University d'Israël.

Plus généralement, c'est peut-être son manque de convictions politiques qui pourrait handicaper son retour, annoncé mardi après sept mois de retrait de la vie publique qui a suivi son éviction de la direction de Kadima au profit de Shaul Mofaz.

Un trait de caractère que reprenait à son compte l'ex-Premier ministre Ehud Olmert, pour lequel Mme Livni "est incapable de prendre des décisions", voire même "influençable", "traîtresse", "menteuse".

Avocate, ancien agent du Mossad, les services secrets israéliens, Tzipi Livni, qui est mère de deux enfants, est issue d'une famille de "likoudniks", partisans du Likoud, le grand parti de la droite israélienne.

Ses parents étaient tous deux des membres actifs de l'Irgoun, une organisation clandestine luttant par la violence contre le mandat britannique avant de former le noyau du Likoud, aujourd'hui dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Elle a ainsi commencé sa carrière politique au Likoud puis a évolué vers des positions plus centristes, en rejoignant en 2005 Ariel Sharon, fondateur du Kadima.

Tzipi Livni a ainsi affirmé à de multiples reprises son attachement à un "Etat juif et démocratique". Un slogan qu'elle ressasse à l'envi et qu'elle avait adopté comme mantra lorsqu'elle dirigeait la diplomatie israélienne (2006-2009).

Aux côtés de son amie, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, Tzipi Livni s'est fréquemment exprimée en faveur d'une amélioration des conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie occupée, de la création d'un Etat palestinien, tout en prônant la poursuite de la lutte antiterroriste et l'isolement des islamistes du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza.

Lors du lancement du "HaTnuah" (Le Mouvement), le nom de sa nouvelle formation, elle a d'ailleurs vertement critiqué le gouvernement de M. Netanyahu pour sa gestion des récentes hostilités à Gaza et du dossier palestinien.

"Tout est à l'envers. Il est clair que le Hamas n'a pas été affaibli militairement mais a été renforcé politiquement (par l'offensive israélienne)", a-t-elle estimé.

Mme Livni peut espérer que l'éclipse des personnalités modérées du Likoud au profit des ultras de la colonisation à l'issue de la primaire lundi au sein du parti de droite lui ramène l'électorat centriste.

"Je ne vois pas le retour de Mme Livni comme un grand changement (...). Mais, vu le glissement à droite du Likoud lors des primaires hier, les plus modérés pourraient se reporter sur elle" lors élections du 22 janvier, affirme à l'AFP Tamir Sheafer, professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Selon plusieurs sondages réalisés avant qu'elle annonce son retour en politique et la primaire au Likoud, Tzipi Livni était créditée de 8 à 9 mandats sur 120 pris essentiellement sur les travaillistes dirigés par Shelly Yacimovich et "Yesh Atid", une nouvelle formation menée par l'ex-journaliste Yaïr Lapid qui chassent eux aussi centre.

gde/jlr/vl

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