Projet Harlequin : donner corps aux fantasmes de millions de lectrices (PHOTOS)

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PROJET HARLEQUIN
M.-H. Panisset

Mara la cruelle, Dans l'antre du fauve, Au grand galop d'une roulotte et La cascadeuse et le cowboy sont les quatre romans de la Collection Harlequin qui ont servi d'inspiration aux cinéastes Alain Desrochers, Mario Calvé, Michel Lam et à la dramaturge Évelyne de la Chenelière afin de créer quatre courtes pièces chorégraphiques qui seront présentées du 28 novembre au 8 décembre au Théâtre de Quat'Sous.

Littérature coquine et romantique pour certains, plaisir coupable pour d'autres, les romans Harlequin ont été vendus à plus de 250 millions de copies, dans plus de 24 langues. Lorsque la compagnie Danse-Cité a offert à l'interprète Nancy Leduc de créer le spectacle de tous ses désirs, elle a eu envie de revisiter ses lectures d'adolescence. « Les romans Harlequin ont teinté la vision romantique de l'amour que j'avais quand j'étais jeune, explique-t-elle. J'avais envie d'une œuvre où les spectateurs arrivent avec un sourire en coin, en se demandant quel objet étrange ils vont découvrir. Mon but n'est pas de rire des Harlequin, mais plutôt de nous ramener à notre propre pathétisme en amour en présentant des personnages qui affrontent une quantité incroyable d'obstacles.»

C'est ainsi que sont nés le solo sur la découverte du désir, le duo de l'attraction passionnelle, le trio de toxicité des relations amoureuses et le quintette de la solitude, en collaboration avec quatre non-chorégraphes. «J'avais envie d'ouvrir le dialogue avec les gens du cinéma et du théâtre. Généralement, en danse, on se présente en studio sans scénario et on trouve les gestes graduellement. Cette fois-ci, Alain, Mario, Michel et Évelyne sont arrivés avec des idées très précises. Ils me parlaient d'états et d'images qu'ils voulaient véhiculer à travers mon corps et celui des autres danseurs. »

Avant d'être approchée pour participer au projet, Évelyne de la Chenelière avoue qu'elle regardait les romans Harlequin d'un œil amusé. « Je savais que c'était l'équivalent de la soft porn en littérature, mais je ne devinais pas à quel point le schéma des livres est semblable: des hommes plus ou moins dominants, des femmes soumises ou qui se rebellent avant d'être dévorées par la passion, sans jamais oublier le mariage à la fin. Ce sont des romans conçus pour susciter une forme d'émoi sensuel aux limites moralement acceptables. »

Une œuvre avec quelque chose d'onirique

Lisant plusieurs essais sur le phénomène avant de s'abandonner à ses intuitions et ses émotions, la dramaturge a eu envie de mettre en mouvements l'histoire de Mara la cruelle. « Mine de rien, ce roman-là avait quelque chose d'assez profond pour le genre. C'est très freudien. L'histoire s'intéresse au rôle du père, à son influence sur Mara dans son rapport aux hommes, dans son refus de se laisser aimer et d'accepter son désir sexuel. C'est un roman sur le passage de l'enfant à la femme, avec beaucoup de résistances. »

Chorégraphiant un objet dansant non loin de ses habitudes théâtrales, Évelyne de la Chenelière affirme que son œuvre a quelque chose d'onirique. « Le solo explore l'univers des impressions, des souvenirs et des petits détails qui habitent et construisent une femme. J'ai concentré la chorégraphie sur la traversée du personnage en m'appuyant sur l'univers propre au roman. Ça se termine en tableau fantasmé d'une noce, dans le jusqu'au-boutisme du bonheur. Pour l'instant, je n'ai rien vu du travail des autres chorégraphes, mais j'ai très hâte de découvrir ce qu'ils ont fait de leur côté. »

Projet Harlequin - Théâtre de Quat'Sous
Du 28 novembre au 1er décembre et du 5 au 8 décembre 2012

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Le projet Harlequin au Théâtre de Quat’Sous
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