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27/11/2012 11:18 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Commission Charbonneau: entrepreneurs et invités dans un club privé

MONTRÉAL - Devant la Commission Charbonneau, mardi, l'enquêteur de la commission Érick Roy a commencé à témoigner des rencontres qui ont eu lieu dans un club privé de Montréal entre des entrepreneurs en construction, des représentants de firmes de génie-conseil, des élus ou des fonctionnaires.

L'enquêteur, qui vient de l'escouade Marteau, a visité le Club 357C en octobre dernier pour y obtenir la liste informatisée des membres qui y ont rencontré leurs invités.

Pour entrer dans ce club sélect de Montréal, a-t-il expliqué, il faut en être membre ou y être invité par un membre.

Lors de son témoignage devant la commission, Élio Pagliarulo, un ancien ami et associé de l'entrepreneur Paolo Catania, avait affirmé que de l'argent y avait été échangé.

Après avoir énuméré une vingtaine de lunches, petits-déjeuners ou rencontres organisés par des membres du club privé en 2005 et 2006, il en est ressorti plusieurs noms déjà évoqués devant la commission.

On y voit souvent les membres Paolo Catania, des Constructions F. Catania, Pasquale Fidele, président de Civbec qui a été administrateur de Constructions F. Catania, ou Bernard Poulin, de l'entreprise de génie Groupe SM, inviter d'autres personnes, souvent des firmes de génie Dessau, Génius (ex-Groupe Séguin) ou Cima +.

Parmi les gens du milieu municipal qui font partie des invités, on note Martial Filion, ex-directeur général de la Société d'habitation et de développement de Montréal jusqu'en 2008 et ex-chef de cabinet du maire de Montréal Gérald Tremblay; Frank Zampino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal de 2002 à 2008 et ex-maire de Saint-Léonard; Robert Marcil, ex-directeur du service de réalisation des travaux à la Ville de Montréal et vice-président du Groupe SM; ainsi que Stéphane Arbour, ex-maire de l'arrondissement Outremont de 2005 à 2007.

Le policier Roy continuera mercredi à énumérer les noms contenus dans le tableau de 10 pages qui a été colligé.

L'avocat du Parti libéral du Québec, Me Michel Décary, s'était plus tôt objecté à ce que deux noms liés au parti politique et qui apparaissent sur cette liste soient diffusés, parce qu'il n'avait pas réussi à joindre ses clients.

La présidente de la commission, la juge France Charbonneau, s'est impatientée devant la requête de non-diffusion et non-publication demandée par Me Décary, parce que la commission avait justement suspendu ses audiences de 10h45 à 14h afin de permettre aux avocats des parties de prendre connaissance de cette liste.

Mais Me Décary était absent à ce moment, puisqu'il prononçait une conférence ailleurs. La juge Charbonneau lui a toutefois souligné que le PLQ avait une autre avocate qui était présente, elle, lors des audiences et qui a donc pu prendre connaissance de la liste.

Le débat sur la requête de non-publication du PLQ n'aura donc pas lieu.

Ces noms seront dévoilés mercredi, puisque Me Décary s'est engagé à ne pas présenter de nouveau sa requête devant la commission. Celle-ci a donc pu commencer à scruter la liste des membres du Club 357C et de leurs invités.

Le Club s'explique

De son côté, le Club 357C a publié un communiqué en fin de journée pour dire qu'il a collaboré avec la commission comme tout club de golf ou autre doit le faire, puisqu'il s'agit d'une instance judiciaire.

«Le 357C s'est donc entendu avec la Commission pour ne fournir que les informations reliées directement aux personnes qui étaient sous enquête, ceci afin de protéger la confidentialité des activités de tous les autres membres du 357C qui n'ont rien à voir avec l'enquête de la Commission», écrit-il.

«Il serait malheureux et inacceptable que les actions d'une très petite minorité des clients du 357C aient un impact négatif sur l'image du club et de ses membres», poursuit-il.

Le club privé souligne que ses règlements précisent qu'il «collaborera entièrement avec tout corps judiciaire légitime s'il y a enquête sur un des membres».

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