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27/11/2012 07:48 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Bombardier décroche une nouvelle commande record de jets d'affaires

MONTRÉAL - Bombardier (TSX:BBD.B) a annoncé mardi une nouvelle commande record de jets d'affaires, ce qui a fait bondir son action de plus de huit pour cent.

La société européenne d'aviation privée VistaJet a passé une commande de 56 avions de la gamme Global évaluée à 3,1 milliards $ US selon les prix officiels.

Le contrat comprend également des options pour 86 appareils Global de plus. Si celles-ci étaient toutes exercées, la valeur de la commande atteindrait 7,8 milliards $ US aux prix officiels. Les grands acheteurs d'avions bénéficient toutefois d'importants rabais.

«C'est incontestablement une commande historique pour Bombardier», s'est félicité le président de Bombardier Avions d'affaires, Steve Ridolfi, dans un communiqué.

L'annonce confirme la vigueur du marché des jets d'affaires de grande taille qui, contrairement au segment des appareils plus petits, est peu affecté par le ralentissement économique.

L'action de Bombardier a gagné mardi 25 cents, soit huit pour cent, pour clôturer à 3,37 $, à la Bourse de Toronto. Le titre en avait bien besoin: il a été malmené ces dernières semaines en raison principalement des décotes infligées par Fitch et Standard & Poor's.

Danielle Boudreau, porte-parole de Bombardier Avions d'affaires, a indiqué mardi que la commande n'allait pas avoir pas d'impact immédiat sur la cadence de production des appareils Global, les plus grands jets d'affaires du constructeur. Les Global sont assemblés à Toronto et leur finition est effectuée à Montréal.

Or, selon l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, Bombardier devra «presque assurément» faire passer la cadence de production des Global de cinq à six par mois.

À la fin septembre, donc avant la commande de VistaJet, le carnet de commandes des Global représentait 34 mois de production alors que la fourchette cible de Bombardier est de 24 à 30 mois.

Expansion de VistaJet

Les nouveaux appareils doivent permettre à VistaJet d'intensifier ses activités en Chine, en Russie, au Brésil et en Afrique. La flotte du transporteur compte actuellement 30 avions, tous des Bombardier.

«Nos clients ont besoin de vols directs partout sur la planète et, souvent, à la dernière minute, a expliqué le président-fondateur de VistaJet, Thomas Flohr. Que ce soit par vol direct de Los Angeles à Shanghai, de Londres à Luanda ou de Kinshasa à Oulan-Bator, nous transportons nos clients partout dans le monde en atteignant des niveaux inégalés de style et de sécurité.»

La commande ferme comprend 25 avions Global 5000, 25 Global 6000 et six Global 8000. L’entente prévoit également des options pour 40 Global 5000, 40 Global 6000 et six Global 8000. Les appareils Global 8000 sont actuellement en phase de développement.

Les livraisons doivent débuter en 2014.

M. Doerksen a évalué à 15 cents US l'impact de la commande ferme de VistaJet sur le bénéfice par action de Bombardier. Si l'on inclut les options, on atteint environ 35 cents US. Dans une note, il a toutefois souligné que cette contribution serait étalée sur plusieurs années.

En fait, comme VistaJet reçoit en moyenne huit nouveaux avions par année, l'analyste a calculé que les livraisons de la commande ferme pourraient s'étirer sur sept ans.

Risque d'annulation

Cameron Doerksen a fait remarquer que le carnet de commandes d'avions d'affaires de Bombardier est largement dominé par deux clients: VistaJet et l'américain NetJets, une filiale du conglomérat Berkshire Hathaway, contrôlé par le légendaire investisseur Warren Buffet.

«Les grosses commandes comportent un risque d'annulation plus élevé dans l'éventualité d'une chute du marché», a rappelé M. Doerksen.

C'est NetJets qui a placé les deux précédentes commandes record d'avions d'affaires de Bombardier. En juin, l'entreprise a fait part de son intention d'acheter jusqu'à 275 appareils Challenger pour 9,6 milliards $ US (en incluant le soutien après-vente). Et l'an dernier, NetJets avait commandé 50 jets Global pour 2,8 milliards $ US (6,7 milliards $ US en incluant les 70 options).

Notons par ailleurs que la commande de mardi ne permettra pas à Bombardier de gonfler significativement ses flux de trésorerie. Ceux-ci sont dans le rouge cette année, ce qui préoccupe les agences de notation.

Selon toute vraisemblance, l'acompte que devra verser VistaJet pour chaque avion commandé est «relativement peu élevé» compte tenu de la taille du contrat, a estimé Cameron Doerksen.

Dans un rapport publié la semaine dernière, l'agence de notation Moody's notait qu'il est de plus en plus difficile pour Bombardier de convaincre ses clients de lui verser des acomptes importants.

Cette réticence accentue la pression sur les liquidités de la multinationale québécoise alors que celle-ci investit des centaines de millions de dollars dans le développement de sa nouvelle famille d'avions commerciaux de 110 à 149 places, la CSeries.

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