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Arafat: si l'empoisonnement est prouvé les Palestiniens saisiront la CPI

27/11/2012 08:18 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Les dirigeants palestiniens saisiront la Cour pénale internationale (CPI) si les prélèvements réalisés mardi sur la dépouille du leader palestinien Yasser Arafat confirment la thèse d'un empoisonnement, a déclaré un responsable palestinien.

"Si nous avons la preuve que Yasser Arafat a été empoisonné, nous irons devant la Cour pénale internationale", a déclaré le chef de la commission d'enquête palestinienne, Taoufiq Tiraoui, lors d'une conférence de presse.

"Ce sera le premier cas dont les Palestiniens saisiront la CPI après avoir obtenu le statut d'Etat observateur à l'ONU", a-t-il ajouté.

L'Assemblée générale de l'ONU est appelée jeudi à se prononcer sur une demande palestinienne d'obtenir le statut d'Etat observateur à l'ONU, ce qui lui ouvrirait la voie à une adhésion à la CPI, qui ne peut engager des poursuites que pour crimes commis sur le territoire d'un Etat partie ou par un ressortissant d'un Etat partie.

La tombe de Yasser Arafat a été ouverte pendant quelques heures mardi et des prélèvements confiés à des experts internationaux pour rechercher des traces de polonium, une substance radioactive hautement toxique, dans le cadre d'une enquête française pour assassinat.

"Les résultats ne seront pas connus avant trois mois", a précisé Abdallah Bachir, président du comité médical de la commission d'enquête palestinienne.

"Si les résultats prouvent la présence de polonium, nous aurons une réponse. Si les experts ne trouvent pas de polonium, nous leur demanderons de chercher d'autres traces de poison", a-t-il ajouté.

Arafat est mort à l'âge de 75 ans le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire de la région parisienne, où il avait été transféré avec l'accord d'Israël qui l'assiégeait depuis plus de deux ans à la Mouqataa, son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie.

Les causes de sa mort n'ont pas été élucidées, et beaucoup de Palestiniens accusent Israël, qui a toujours nié, de l'avoir empoisonné.

La thèse de l'empoisonnement a été relancée par un documentaire d'Al-Jazeera révélant des traces de polonium sur des effets personnels d'Arafat, ce qui a conduit sa veuve Souha à saisir la justice française.

"Je ne veux accuser personne jusqu'à maintenant", a précisé lors de la conférence de presse M. Tiraoui, qui avait déclaré samedi qu'en tant que "patriote palestinien" il était "convaincu" qu'Israël avait empoisonné Arafat.

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