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26/11/2012 12:03 EST | Actualisé 25/01/2013 05:12 EST

SNC indique que la Suisse enquête sur des agents liés à des projets en Libye

MONTRÉAL - SNC-Lavalin a confirmé lundi avoir fait des paiements pendant plus d'une décennie à des agents commerciaux pour des projets en Libye et a indiqué que ces paiements faisaient l'objet d'une enquête des autorités suisses.

La firme d'ingénierie montréalaise a indiqué avoir retenu les services de Duvel Securities et de Dinova International en lien avec des projets dans le pays nord-africain entre 2001 et 2011.

Ces paiements n'étaient pas liés à ceux de 56 millions $ pour deux projets qui avaient été dévoilés à la suite d'une enquête indépendante réalisée par la société, a précisé la porte-parole de SNC, Leslie Quinton.

«Cependant, à la suite de notre enquête indépendante, nous avons appris que tous ou certains des paiements faits à ces entreprises faisaient vraisemblablement l'objet d'une révision de la part des autorités suisses dans le cadre de leur enquête», a-t-elle précisé dans un courriel émis après la fermeture des marchés.

Cette déclaration survient après qu'un reportage présenté à la télévision suisse eut indiqué que l'ancien vice-président de la division construction, Riadh Ben Aïssa, avait été officiellement accusé en lien avec des paiements totalisant au moins 139 millions $ en Afrique du Nord.

SNC affirmait depuis longtemps que les paiements originaux de 56 millions $ qu'elle avait découverts n'étaient pas liés à la Libye. SNC-Lavalin disait avoir appris l'existence de l'enquête des autorités suisses sur Riadh Ben Aïssa à la mi-avril, après avoir dévoilé les résultats de son enquête indépendante, mais que ses informations à ce sujet étaient limitées.

«Parce que cette enquête est en cours et que nous continuons à coopérer avec les autorités, nous pouvons en dire très peu de choses pour l'instant.»

SNC a indiqué avoir fourni des informations et de la documentation aux autorités concernées, incluant celles qu'elle détenait sur Duvel et Dinova.

«Même si nous ne sommes pas au courant de l'existence de preuves de malversations en lien avec les paiements versés à ces entreprises, dans la mesure où un fiduciaire de la compagnie est trouvé coupable d'avoir mal utilisé les fonds de la compagnie, nous nous réservons le droit de faire des réclamations pour recouvrer ces montants», a-t-elle ajouté.

«Nous répétons aussi que nous croyons fermement que quiconque impliqué dans toute malversation en lien avec ceci ou n'importe quelle autre enquête devrait être traduit en justice.»

SNC-Lavalin a indiqué qu'elle continuait à coopérer avec les enquêteurs et qu'elle avait pris des mesures pour renforcer ses procédures de contrôle interne.

Selon le reportage de la télévision publique suisse RTS — qui s'appuie sur des témoignages de sources anonymes — Riadh Ben Aïssa serait associé à des transactions atteignant au moins 139 millions $. Les autorités avaient en outre découvert que de l'argent avait transité de la firme d'ingénierie québécoise vers des comptes bancaires en Suisse appartenant à des entreprises enregistrées aux Îles Vierges britanniques.

D'après RTS, un avocat de Genève qui est aussi accusé dans cette affaire a créé Duvel Securities et Dinova International aux Îles Vierges britanniques pour Riadh Ben Aïssa, dont les comptes bancaires étaient essentiellement à la banque EFG de Genève.

Le reportage allègue que des dizaines de millions de francs ont transité par les comptes de Genève de ces compagnies étrangères depuis 2001.

Les autorités suisses n'ont pas voulu confirmer ou démentir la nouvelle, se limitant à dire que les détails de leur enquête criminelle ne pouvaient pas être rendus publics avant que le procès ne soit en cours.

L'action de SNC-Lavalin a reculé lundi de 91 cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 40,63 $.

Riadh Ben Aïssa était responsable des affaires de SNC-Lavalin dans sa Tunisie natale et en Libye, où la compagnie a obtenu de lucratifs contrats de la part du régime de Mouammar Kadhafi.

La Gendarmerie royale du Canada a effectué en avril des perquisitions dans les bureaux montréalais de la SNC-Lavalin. L'entreprise a indiqué qu'elle collaborait pleinement avec la police.

Plus tôt en novembre, le frère de Riadh Ben Aïssa a intenté une poursuite contre SNC-Lavalin auprès de la Cour supérieure du Québec, soutenant que la compagnie lui avait causé du tort en utilisant son frère comme bouc émissaire afin de protéger ses intérêts dans une Libye en plein bouleversement politique.

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