POLITIQUE
26/11/2012 12:05 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

Les libéraux critiquent la nouvelle entente pour la construction de la route 167

Presse canadienne

QUÉBEC - Les libéraux estiment que le gouvernement a pris une mauvaise décision en renégociant une entente pour la construction d'une route où les dépassements de coûts s'accumulaient.

Le député Jean D'Amour, porte-parole libéral en matière de mines, a accusé le gouvernement péquiste d'avoir fait un «cadeau» à la minière Stornoway.

Lors d'un point de presse lundi, le député libéral a soutenu que malgré les dépassements de coûts, l'entente, annoncée par le précédent gouvernement libéral, était bonne puisqu'elle aurait généré des retombées à long terme.

«C'était à l'époque une bonne entente en ce sens qu'on ouvrait le Nord, ça permettait de desservir les communautés nordiques et en même temps, dans le Plan Nord, il y a un volet touristique qui est important, a-t-il dit. Économiquement, sur du long terme, c'était rentable pour le gouvernement, alors qu'aujourd'hui, on fait un cadeau à une minière, il y a une différence fondamentale.»

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a récemment annoncé que le gouvernement avait renégocié avec l'entreprise une entente sur le prolongement de la route 167, au nord de Chibougamau.

M. Marceau a alors soutenu qu'un nouveau partage des coûts permettrait au gouvernement d'économiser 124 millions $.

D'un coût initialement prévu à 260 millions $, le budget pour la construction de la route de 243 km avait explosé à plus de 470 millions $.

Avec la nouvelle entente, Québec limitera son investissement à 304 millions $, tandis que Stornoway prendra en charge la deuxième portion de la route, de 97 km, en plus d’assumer d'éventuels dépassements de coûts.

L'entreprise, qui veut construire une mine de diamant dans le secteur, a augmenté son investssiement dans le projet, le faisant passer de 44 millions $ à 77 millions $.

M. D'Amour a critiqué la nouvelle entente avec Stornoway, une entreprise détenue à 25 pour cent par le gouvernement, par l'entremise de sa filiale Investissement Québec.

Pour illustrer ses critiques envers la nouvelle entente conclue par les péquistes, M. D'Amour a pointé vers le taux d'intérêt moins élevé pour un prêt consenti à l'entreprise, pour sa participation de 77 millions $, que ce que les libéraux avaient demandé pour l'investissement initial de 44 millions $ de l'entreprise.

«L'entente avec l'ancien gouvernement touchait non pas 77 millions $ de prêt, mais 44 millions $, et le taux n'était pas de l'ordre de 3,35 pour cent (sur 15 ans), mais de 6,3 pour cent sur une période de 10 ans», a-t-il dit.

Incapable de nommer un projet touristique ou une communauté qui profiterait du projet routier, M. D'Amour a néanmoins soutenu que «payer 125 millions $, quand il y a une rentabilité à long terme, quand il y a des projets qui sont structurants, structurés pour l'avenir du Québec, moi, je pense que c'est intéressant».

Dans un rapport de la firme d'experts indépendants Secor-KPMG, publié il y a 10 jours, le projet de la route 167 était décrit comme étant mal ficelé.

Lors d'une interpellation en Chambre, qui l'opposait à M. D'Amour, la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a soutenu que les libéraux avaient eux-mêmes distribué des largesses à Stornoway.

Mme Ouellet a soutenu que les retards et dépassements de coûts accumulés par le projet de route compromettaient le projet de mine.

«Ils n'ont pas négocié avec l'entreprise, ils ont tout donné, ce n'est pas pareil, a-t-elle dit. Mais l'entreprise a reçu un cadeau empoisonné, parce qu'on s'est retrouvé avec des dépassements de coûts tellement importants que ça mettait en péril le projet.»

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