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France: la victoire de Copé confirmée, Fillon dénonce un «coup de force» à l'UMP

26/11/2012 03:57 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

PARIS - Rien n'y fait, pas même la volonté d'«apaisement» de Nicolas Sarkozy. Sans surprise, la commission nationale des recours de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) a entériné lundi la victoire de Jean-François Copé à la présidence du principal parti de droite en France. Son adversaire, l'ancien premier ministre François Fillon, a aussitôt dénoncé «un coup de force», laissant présager une longue bataille judiciaire entre les deux rivaux.

La commission des recours de l'UMP (CONARE) a publié lundi après-midi un long communiqué, dans lequel elle fait désormais état d'une avance de 952 voix pour Jean-François Copé, qui a obtenu 86 911 voix, contre 85 959 voix pour François Fillon. Les premiers résultats du vote des militants, annoncés le 19 novembre au lendemain du scrutin, ne donnaient qu'une avance de 98 voix à M. Copé.

Après l'annonce de ces résultats, Jean-François Copé a prononcé son troisième discours de victoire en huit jours.

«Le résultat est là, chacun doit maintenant respecter ce vote», a-t-il déclaré, avant de lancer un appel à la réconciliation. «Il appartient à chacun de prendre ses responsabilités et de choisir le pardon plutôt que la division (...), l'avenir plutôt que la rancoeur», a-t-il dit.

Il a tendu la main à son rival. «Je m'engage à composer dans les jours qui viennent un collège, avec différentes personnalités de notre famille politique, quel qu'ait été leur choix par le passé. Ce comité aura pour mission de nous accompagner dans le travail d'apaisement et de reconstruction qui s'impose. Je vais proposer à François Fillon de participer à cette équipe, avec ceux qui l'entouraient pendant la campagne.»

«Nous avons besoin de lui», a insisté Jean-François Copé. «Je ne peux imaginer que François Fillon poursuive ses poursuites judiciaires contre son propre parti, sa propre famille politique.»

La riposte n'a pas tardé. D'ores et déjà, les partisans de François Fillon avaient fait savoir qu'ils ne reconnaissaient pas la légitimité de la commission des recours, puisque six de ses neuf membres ont soutenu un candidat à la présidence de l'UMP (quatre étaient pro-Copé et deux étaient pro-Fillon).

Quelques minutes après le discours de Jean-François Copé, François Fillon a fait publier un communiqué. Il a dénoncé «un coup de force» de son adversaire et a jugé «illégale» la décision de la commission de recours, «dont la composition n'offre aucune garantie d'impartialité».

«Nous obtiendrons par la voie judiciaire (...) l'annulation du vote», a affirmé l'avocat de M. Fillon, François Sureau. «Il va de soi que nous ne nous bornerons pas là, que nous n'arrêterons pas là et que nous obtiendrons par la voie judiciaire la décision qui s'impose», a dit l'avocat de l'ancien premier ministre.

La situation restait donc totalement bloquée lundi soir, au lendemain de l'échec de la médiation tentée par l'ancien premier ministre Alain Juppé, sous l'oeil bienveillant de l'ancien président Nicolas Sarkozy.

M. Sarkozy est rentré de Shanghaï dimanche soir. Tout le weekend, il s'est tenu informé des derniers rebondissements au sein de l'UMP. Dès lundi matin, Alain Juppé en a d'ailleurs appelé à l'ancien président. «C'est à lui de jouer. Il apparaît clairement qu'il est le seul aujourd'hui à avoir l'autorité suffisante pour proposer éventuellement une sortie que je n'aperçois pas en ce qui me concerne», a dit le maire de Bordeaux sur la chaîne RTL.

Nicolas Sarkozy a reçu François Fillon à déjeuner lundi midi. Un rendez-vous d'un peu plus d'une heure, à l'issue duquel François Fillon a quitté le siège des bureaux de l'ancien président, rue Miromesnil, sans faire de déclaration. Ce déjeuner avait été organisé avant l'escalade des derniers jours entre les deux candidats à la présidence du parti.

Jean-François Copé, qui a appelé à ne pas «instrumentaliser» Nicolas Sarkozy, a fait savoir qu'il s'était entretenu au téléphone lundi matin avec l'ancien président.

Des proches de Nicolas Sarkozy ont déclaré que l'ancien président, qui a fait le choix de s'éloigner de la vie politique après sa défaite à la présidentielle, en mai, est «très soucieux de l'unité» de l'UMP. Il est «extrêmement préoccupé» par la situation et a «toujours été consulté par les uns et les autres, et encore plus aujourd'hui», a précisé l'un de ses amis.

Mais l'ancien président n'a pas l'intention de mener une quelconque médiation pour l'instant, même si l'ancien ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a laissé entendre dans la journée que Nicolas Sarkozy pourrait publier un communiqué sur la crise à l'UMP.

Dans ce contexte, les engagements de Jean-François Copé à ouvrir les portes et les fenêtres de l'UMP sont un peu restés lettre morte. «Je m'engage à créer toutes les conditions pour rendre irréversible l'organisation en 2016 de primaires ouvertes afin de désigner le ou la candidate de notre famille politique pour la présidentielle», a-t-il promis.

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