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25/11/2012 11:59 EST | Actualisé 25/01/2013 05:12 EST

Nouvelle étape Dans La Croisade Du Maire De Saguenay Pour Conserver La Prière

Agence QMI

MONTRÉAL - Nouvelle étape dans la croisade du maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui se rend en Cour d'appel lundi dans l'espoir de renverser une décision antérieure lui interdisant de réciter la prière avant la séance du conseil municipal.

M. Tremblay veut faire casser par la Cour d'appel un jugement rendu par le Tribunal des droits de la personne, à la suite d'une plainte du citoyen Alain Simoneau. La décision a forcé le maire Tremblay à ne plus réciter la prière et à retirer le crucifix et la statue du Sacré-Coeur dans l'enceinte du conseil, ordonnance qu'il a choisi de ne pas respecter.

En entrevue à La Presse Canadienne, M. Tremblay se dit confiant de l'emporter. «C'est sûr que lorsque vous vous présentez en cour, vous vous attendez à gagner. Mais ce n'est pas seulement le procès de Jean Tremblay. C'est plus que cela; il est question de toute la culture du Québec», a-t-il affirmé.

«La moitié des municipalités du Québec récite la prière, il y a des objets religieux un peu partout... Il est certain que cette affaire a été fortement personnalisée. S'il s'agissait de moi uniquement, je pourrais agir autrement. Mais c'est notre culture et nos traditions qui sont en jeu.»

Se disant inquiet de l'impact du jugement sur l'ensemble du Québec, le maire rappelle que la décision de maintenir la prière au conseil municipal a fait l'objet d'une «décision unanime». «Il y a aussi un appui extraordinaire dans la population, je l'ai constaté lorsque nous avons recueilli des fonds [pour défrayer les frais juridiques]», a-t-il précisé.

M. Tremblay a également souligné que les gens opposés à la récitation de la prière auraient eux aussi l'occasion de se faire entendre en Cour d'appel.

Le maire de Saguenay a toutefois démenti les allégations selon lesquelles il irait jusqu'en Cour suprême pour faire casser la décision. «Cela va dépendre du jugement», précise-t-il, avant de mentionner que des tentatives de médiation avaient déjà échoué.

«Ce n'est pas moi qui me présente devant les tribunaux. J'ai été poursuivi... je ne suis pas celui qui insiste. J'ai poursuivi la même tradition qui existe à la ville depuis plus de 100 ans. Je n'ai rien changé. Ce n'est pas moi qui ai voulu que ce dossier prenne autant d'ampleur.»

En février 2011, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse a statué que Saguenay avait porté atteinte de façon discriminatoire au droit d'Alain Simoneau à la liberté de conscience et de religion.

L'avocate du maire, Me Isabelle Racine, fait valoir dans sa défense que l'interdiction de la prière risque de menacer d'autres institutions ou traditions, comme l'hymne national, les assermentations, la monnaie, les monuments ou les congés fériés, qui sont souvent reliés aux fêtes religieuses.

Elle a auparavant fait valoir qu'en Ontario, le tribunal a plutôt autorisé la récitation de la prière, contredisant en cela des jugements au Québec.

De son côté, le Mouvement laïque québécois, qui s'oppose à la récitation de la prière au conseil municipal, reproche au maire Tremblay de vouloir faire de Saguenay une municipalité confessionnelle, comme les commissions scolaires catholiques et protestantes d'il y a quelques années.