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25/11/2012 05:47 EST | Actualisé 25/01/2013 05:12 EST

Arafat, un encombrant dossier pour un avocat en campagne

Avocat de la veuve de Yasser Arafat, le Français Pierre-Olivier Sur a su éviter les écueils pour obtenir l'ouverture d'une enquête sur la mort de Yasser Arafat, mais doit désormais composer avec ce dossier politiquement très encombrant.

En campagne pour l'élection à la tête du barreau de Paris, les 11 et 13 décembre, cet avocat pénaliste parisien de 49 ans doit ménager toutes les susceptibilités chez ses confrères et prévenir tout dérapage de l'enquête sur un terrain politique israélo-palestinien ultra-sensible.

"Notre action consiste seulement à concourir à la manifestation de la vérité, une vérité qui ne se commente pas, ne se récupère pas, ne se manipule pas", martèle cet habitué des dossiers médiatiques, qui se défend d'embrasser les causes de ses clients.

Il a choisi de ne pas se rendre à Ramallah pour assister mardi à l'exhumation de la dépouille du chef historique palestinien, où sa cliente sera représentée par deux collaboratrices.

Après une tentative infructueuse pour devenir bâtonnier de Paris en 2010, ce grand amateur de littérature, a longuement réfléchi avant d'accepter de conseiller Souha Arafat, dirigée vers lui par un cabinet londonien.

Où fallait-il déposer plainte? Pour quel motif? Assassinat ou empoisonnement? Le choix était crucial pour éviter une éventuelle irrecevabilité qui aurait ruiné toute chance d'obtenir une enquête.

Finalement, la décision a été prise cet été de porter plainte contre X pour assassinat à Nanterre (banlieue de Paris), tribunal dont il loue aujourd'hui la "neutralité" et "l'indépendance" dans cette enquête sur la mort d'Arafat.

Le dossier Arafat ne risque-t-il pas de nuire à son entreprise de conquête du bâtonnat? "Non", répond Me Olivier Schnerb qui l'a formé et loue son "extraordinaire culture". Selon lui, les avocats sauront qu'il s'agit d'un engagement "professionnel", dénué "d'idéologie".

Un autre confrère, Aurélien Hamelle, qui le soutient, est moins tranché, relevant la dimension "extrêmement politique" du conflit israélo-palestinien.

"Choisir un client, c'est choisir une cause et une image. Je ne doute pas, connaissant Pierre-Olivier Sur, qu'il sache parfaitement la portée de son engagement", affirme Frédéric Sicard, l'un de ses concurrents pour le barreau, pour qui "on ne peut pas seulement se retrancher derrière sa qualité d'avocat".

"C'est de bonne guerre", considère Jean-Louis Bessis, un autre de ses rivaux, qui note chez lui "un sens aigu du plan média" et salue sa capacité à "trouver le temps de mener une campagne tout en pilotant un dossier sensible".

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