POLITIQUE

Québec réserve 100 000 $ pour tenir un colloque sur la culture à Paris

25/11/2012 02:16 EST | Actualisé 25/01/2013 05:12 EST
AP
Quebec Premier Pauline Marois talks to the media after meeting with French President, Francois Hollande, at the Elysee Palace in Paris, Monday, Oct. 15, 2012. (AP Photo/Francois Mori)

QUÉBEC - Malgré un contexte de compressions budgétaires imposées à l'appareil de l'État, le gouvernement Marois a trouvé 100 000 $ de fonds publics à injecter dans un colloque de deux jours tenu à Paris, la semaine dernière.

Les deux tiers de la somme (70 000 $) versée par Québec serviront à acquitter tous les frais de déplacement, d'hébergement et les repas des conférenciers invités, selon les informations recueillies par La Presse Canadienne.

Une trentaine de conférenciers ont été invités à ce colloque organisé conjointement par Québec et Paris pour deviser autour des liens à parfaire entre culture et développement durable. La majorité d'entre eux provenaient de France et du Québec, et quelques-uns d'autres pays.

L'un d'eux, le philosophe français bien connu Edgar Morin, a fait le trajet depuis le Maroc. Les contribuables québécois ont donc défrayé son transport aérien aller-retour de Marrakech à Paris (environ 2000 $) pour qu'il puisse partager ses réflexions sur le thème du colloque. D'autres venaient d'Australie, du Danemark et du Royaume-Uni.

Le colloque Agenda 21 a duré deux jours et chaque conférencier a eu droit à quatre nuits à l'hôtel gracieuseté du Québec, à 200 $ la nuit.

Le ministre de la Culture, Maka Kotto, a accepté une demande d'entrevue visant à lui permettre de justifier le choix du gouvernement de financer ce type d'initiative, dans un contexte de contrôle serré des dépenses, plutôt que de soutenir des artistes et des organismes culturels québécois. Mais il s'est par la suite ravisé, sans explication, annulant l'entrevue.

Lancé par l'ancien gouvernement libéral, le projet a été entériné par le gouvernement actuel.

Le coût total du colloque a été fixé au départ à 210 000 $, la France assumant sa part de la facture (110 000 $), principalement pour assurer la logistique de l'événement.

En plus d'acquitter toutes les dépenses des conférenciers, le Québec assumera aussi la production et la gestion du site Internet de l'événement, présenté intégralement en français et en anglais. Québec acquittera aussi les frais de traduction simultanée du français vers l'anglais durant les deux jours du colloque.

Deux réceptions étaient aussi aux frais du Québec.

Écolassitude

Le programme du colloque promettait des discussions de haut niveau.

Ainsi, une des tables rondes proposait de s'attaquer au phénomène «d'écolassitude». On s'interrogeait à savoir si la culture ne pouvait pas devenir «le levier d'un renouveau environnemental en territoire urbain? Ne devons-nous pas miser sur le réenchantement, le réengagement de l'imaginaire et du sensible pour promouvoir le développement viable des villes?»

Ce colloque, apprenait-on aussi dans le programme, devait ouvrir la porte à rien de moins qu'une «réforme des modes de vie, de notre rapport à l'Autre et au monde, autant qu'une réforme de la pensée».

Parmi les conférenciers, du côté québécois, on y retrouvait notamment le directeur de la Tohu, à Montréal, Stéphane Lavoie, le directeur de l'École nationale de théâtre et fondateur de Culture Montréal, Simon Brault, et la représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l'Unesco, Michèle Stanton-Jean.

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