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Violents combats à Damas, les quartiers sud bombardés (ONG)

24/11/2012 02:23 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

De violents combats opposaient samedi rebelles et forces gouvernementales dans les quartiers sud de Damas bombardés par l'artillerie du régime de Bachar al-Assad, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Lors des combats qui ont duré toute la nuit et se poursuivaient le matin, de nombreuses roquettes sont tombées sur Qadam et Tadamoun, deux quartiers pauvres du sud de Damas depuis lesquels les rebelles tentent de gagner le centre de la capitale, a précisé l'ONG.

La proche région de Damas était également le théâtre de bombardements et de combats, a ajouté l'ONG, tandis que l'agence officielle Sana affirmait que l'armée y avait tué de nombreux "terroristes d'Al-Qaïda".

Les autorités assimilent rebelles et opposants à des "terroristes" armés et financés par l'étranger.

Dans l'autre grande ville du pays, Alep (nord), des affrontements meurtriers opposaient également insurgés et soldats, a ajouté l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins en Syrie.

Plus à l'est, des habitants ont rapporté à l'AFP que les rebelles avaient attaqué le pont de Techrine, qui relie les provinces d'Alep et de Raqa au-dessus de l'Euphrate. S'ils s'en emparent, ils auront le contrôle d'une zone s'étalant sur 70 kilomètres.

Par ailleurs, les artilleurs du régime ont poursuivi dans la nuit leurs bombardements sur les provinces de Deraa (sud), d'Idleb (nord-ouest) et de Deir Ezzor (est), déjà sous le feu vendredi des roquettes et des obus de mortier des troupes régulières, selon l'OSDH.

Et d'importants renforts militaires convergeaient vers Homs (centre), assiégée depuis des mois, selon l'OSDH et des militants.

Aux portes de la Turquie, un calme précaire régnait à Rass Al-Aïn, théâtre de combats ces derniers jours entre des centaines de combattants kurdes et islamistes, laissant craindre une guerre ouverte, selon l'OSDH.

La veille, les principaux mouvements kurdes avaient formé une force militaire unie pour affronter les jihadistes qui ont violemment combattu des militants du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie), accusés par les rebelles de faire le jeu du régime de Bachar al-Assad.

Vendredi, 61 personnes ont péri dans des violences à travers la Syrie où le conflit armé déclenché par la répression d'une contestation populaire, a fait plus de 40.000 morts en 20 mois, selon l'OSDH.

Samedi, neuf personnes, dont cinq civils, ont péri dans les violences, selon un premier bilan de l'OSDH.

Ces dernières semaines, les rebelles ont gagné du terrain dans le nord et tiennent désormais une large zone dans les provinces d'Idleb et d'Alep, à la lisière de la Turquie, ainsi que dans l'est, où ils ont chassé l'armée d'un important secteur proche de l'Irak.

De son côté, l'armée, bousculée par une rébellion de plus en plus audacieuse, a réduit ses ambitions territoriales pour se concentrer sur une ligne partant du sud, passant par Damas et le centre de la Syrie et rejoignant le pays alaouite et la côte, dans le nord-ouest, estiment des analystes.

sbh/feb

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