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24/11/2012 12:31 EST | Actualisé 24/01/2013 05:12 EST

Larry Hagman laisse le souvenir d'un homme attachant et plus grand que nature

LOS ANGELES, États-Unis - J.R. Ewing était un homme d'affaires véreux, un mari infidèle et un adepte sans fin de la corruption. Mais grâce à son radieux sourire, Larry Hagman a créé, avec brio, un baron du pétrole à la fois charmant et répugnant — générant au passage des cotes d'écoute de la taille du Texas — dans l'immensément populaire série dramatique «Dallas».

Hagman, qui avait repris son rôle de J.R. dans une nouvelle version de «Dallas» cette année, avait connu sa large part de problèmes de santé au fil des ans. Il a rendu l'âme vendredi de complications d'un cancer, a annoncé sa famille dans un communiqué.

«Larry était retourné dans ses terres chéries de Dallas, reprenant le fameux rôle qu'il a adoré le plus. La famille de Larry et ses meilleurs amis s'étaient joints à lui à Dallas pour la fête de l'Action de grâces», a précisé la famille dans un communiqué transmis à l'Associated Press par l'entremise de Warner Bros., compagnie qui produisait l'émission.

L'acteur âgé de 81 ans était entouré de sa famille et de proches lorsqu'il a finalement rendu l'âme dans un hôpital de Dallas, paisiblement, «tel qu'il le souhaitait», indiquait le communiqué.

Bien qu'il se soit d'abord fait connaître dans le rôle du sympathique major Tony Nelson dans la savoureuse comédie «Jinny», diffusée entre 1965 et 1970 au réseau NBC, Hagman est devenu une véritable vedette grâce à J.R.

La dramatique du réseau CBS sur la famille Ewing et tous ceux et celles qui se trouvaient dans son sillon, diffusée entre avril 1978 et mai 1991, a éclipsé les records de cotes d'écoute, notamment grâce au haletant suspense «Qui a abattu J.R.?» de 1980, épisode à l'issue duquel les téléphiles ignoraient si le personnage que campait Hagman était vivant ou décédé.

L'intrigue a suscité les conversations partout sur la planète, généré des paris de plusieurs millions de dollars et permis à la série de se faufiler au sommet des cotes d'écoutes de l'histoire de la télévision.

Lorsque la réponse à la fameuse question a finalement été révélée lors d'un épisode diffusé en novembre 1980, une moyenne de 41 millions d'auditeurs étaient au rendez-vous, lui conférant le deuxième rang derrière le dernier épisode de la série «M.A.S.H», qui a réuni 50 millions d'auditeurs en 1983.

La tentative de meurtre avait été l'oeuvre de Kristin (Mary Crosby), la belle-soeur de J.R, de qui elle était enceinte. J.R. avait menacé de la dénoncer comme une prostituée à moins qu'elle ne quitte la ville. Mais d'autres personnages avaient aussi leurs raisons de vouloir se débarrasser de lui.

«Je sais ce que j'aimerais voir sur la pierre tombale de J.R.», avait confié Hagman en 1988. «On devrait lire : 'Ici gît l'intègre citoyen J.R. Ewing. Il s'agit de la seule transaction qu'il n'ait jamais perdue.'»

Généreux et attachant

Linda Gray, son épouse et ex-épouse dans la série originale ainsi que dans la deuxième cuvée, était parmi les gens au chevet de Hagman dans les derniers moments, a confié son publiciste Jeffrey Lane.

«Il faisait le bonheur de tous ceux qu'il connaissait. Il était créatif, généreux, drôle, attachant et talentueux. Il va terriblement me manquer. Il croquait dans la vie à pleines dents», a déclaré l'actrice.

Vendredi soir, Victoria Principal, qui a tenu un rôle important dans la série originale, a qualifié Hagman de «personnage plus grand que nature, à l'écran et dans la vie».

«Il est inoubliable, et irremplaçable, aux yeux de millions d'admirateurs partout au monde, et dans le coeur de chacun d'entre nous, fortunés de l'avoir connu et aimé.»

Plusieurs années avant «Dallas», Hagman s'était mis en évidence dans «Jinny» (I Dream of Jeannie), comédie dans laquelle il campait un astronaute dont la vie est chamboulée après avoir découvert un génie dans une bouteille, interprétée par Barbara Eden, et qu'il décide d'héberger en sa résidence.

Eden s'est souvenue, vendredi, du tournage du pilote de la série «par un froid de canard» sur la plage de Malibu, en Californie.

«Dès ce jour, et pendant cinq années, Larry a été au centre de tellement de moments amusants, hilarants et parfois fous. Et avec le recul, des moments mémorables qui demeureront gravés dans mon coeur pour toujours», a-t-elle déclaré.

En 1992, une cirrhose du foie avait été diagnostiquée chez l'acteur emblématique, après des années d'une consommation abusive d'alcool. En 1995, une tumeur maligne avait été découverte au foie et il avait dû subir une greffe. À la suite de cette transplantation, il était devenu un fervent défenseur du don d'organe et s'était engagé comme bénévole auprès des malades d'un hôpital.

«J'assiste, j'encourage et je rencontre (les patients) lorsqu'ils arrivent (à l'hôpital) pour y subir une intervention chirurgicale, et après l'opération», avait-il précisé en 1996.

«J'essaie de les réconforter, en leur disant: 'n'ayez pas peur, c'est un moment désagréable mais bref, tout va bien se passer'».

Il avait également participé à des campagnes contre le tabagisme.

Natif de Fort Worth, au Texas, Larry Hagman était le fils de Mary Martin, une comédienne et chanteuse connue pour ses prestations dans des classiques tels «South Pacific» et «Peter Pan». Martin était encore une adolescente lorsque Hagman a vu le jour en 1931, durant son mariage avec l'avocat Ben Hagman.

Alors qu'il se trouvait en Angleterre, où il a servi dans les forces aériennes entre 1952 et 1956, Hagman a rencontré la jeune designer suédoise Maj Axelsson, qu'il a épousée. Le couple a eu deux enfants, Preston et Heidi.

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