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Des propos de Justin Trudeau sur l'Alberta font réagir des médias au Québec

24/11/2012 07:02 EST | Actualisé 24/01/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Des commentaires du député et aspirant chef libéral Justin Trudeau à propos de l'Alberta, il y a environ deux ans, lui valent aujourd'hui de nombreuses critiques dans la province même où il les a formulés : le Québec.

En entrevue à l'émission Les Francs-Tireurs en 2010, le député de Papineau avait déclaré que le Canada «faisait dur» parce que ce sont «des Albertains qui contrôlent notre agenda communautaire et sociodémocratique».

Au moment de sa diffusion, l'entrevue avait fait bien peu de vagues au Québec.

Depuis qu'elle a été ressortie, toutefois, certains critiques de La Belle Province disent des propos de M. Trudeau qu'ils étaient déplacés.

Le chroniqueur Yves Boisvert, de La Presse, s'est demandé sur son blogue de quelle façon les Québécois réagiraient si des commentaires du genre étaient faits à leur sujet.

Selon lui, les Québécois s'indigneraient d'entendre un important politicien prononcer de tels propos.

«On imagine assez les hurlements que nous pousserions si un prétendant au leadership d’un parti fédéral parlait en termes aussi généralisants des Québécois», suggère M. Boisvert.

Au magazine L'Actualité, Manon Cornellier indique, sur son blogue également, que l'entrevue pourrait hanter Justin Trudeau longtemps, en particulier dans l'Ouest canadien.

«Cette unique entrevue réveille d’un seul coup les doutes que bien des gens dans l’Ouest, en particulier en Alberta, entretiennent depuis des décennies à l’égard des libéraux fédéraux», écrit-elle.

«Que doivent-ils croire? Ce que disait Justin Trudeau il y a seulement deux ans ou ce qu’il affirme aujourd’hui alors qu’il sollicite leurs appuis pour accéder à la direction du Parti libéral du Canada?»

Dans l'entrevue télévisée, M. Trudeau a également indiqué que le Canada serait mieux servi s'il y avait davantage de Québécois que d’Albertains au pouvoir.

Il s'est excusé pour ses propos vendredi, disant de ceux-ci qu'ils visaient directement le premier ministre Stephen Harper, qui s'est d'abord fait connaître comme député de Calgary.

Son commentaire sur le manque de Québécois au pouvoir, s'est-il justifié, était un appel au soutien des Québécois à un parti national plutôt qu'au Bloc québécois.

Au final, cependant, certains Québécois croient que la controverse pourra aider M. Trudeau dans la province, où les conservateurs de Stephen Harper sont fort impopulaires.

«Son commentaire pourrait l'aider à gagner des votes au Québec», a écrit un lecteur sur le site Web de La Presse.

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