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24/11/2012 12:06 EST | Actualisé 24/01/2013 05:12 EST

Crise en RDC: des dirigeants africains appellent à l'arrêt des combats

SAKE, Congo - Plusieurs dirigeants africains de la région des Grands Lacs, réunis samedi à Kampala, en Ouganda, ont appelé samedi à l'arrêt de l'avancée des troupes rebelles du M23 vers la capitale de la République démocratique du Congo et enjoint le gouvernement de RDC à s'asseoir à la table des négociations avec les chefs du groupe rebelle. Ce dernier a pris le contrôle d'une partie du territoire dans l'est de la RDC et menace de renverser le régime du président Joseph Kabila.

Les participants au sommet de Kampala ont exigé le retrait des rebelles de la ville de Goma sous deux jours, et demandé à la police locale désarmée par le M23 "de se réarmer pour reprendre ses devoirs", dans un communiqué publié samedi par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Ils ont par ailleurs encouragé le pouvoir congolais à "écouter, évaluer et résoudre les réclamations légitimes du M23".

Le président congolais Joseph Kabila participait à ce sommet de Kampala, contrairement à son homologue rwandais, Paul Kagame, qui n'a pas fait le déplacement dans la capitale ougandaise.

L'Ouganda, dont les dirigeants jouent le rôle de médiateur, a vu sa crédibilité se ternir après la publication d'un rapport des Nations unies selon lequel certains militaires ougandais ont activement soutenu les rebelles du M23. Ces derniers ont pris le contrôle de la capitale régionale, Goma, ainsi que la ville de Saké. Ils menacent désormais Bukavu. Le Rwanda est également fortement suspecté de soutenir les rebelles. Mais les deux pays accusés continuent de nier leur implication.

Selon les autorités ougandaises, les représentants du M23 n'ont pas été conviés au sommet. Ils ont également démenti les rumeurs selon lesquelles le chef politique du M23, Jean-Marie Runiga, était présent à Kampala pour participer à des discussions séparées avec le gouvernement ougandais. "Je ne les ai pas vus", a assuré le ministre ougandais de la Défense Crispus Kiyonga.

Les présidents kenyan Mwai Kibaki et tanzanien Jakaya Kikwete étaient en revanche présents à cette réunion de la CIRGL. Dans un communiqué diffusé jeudi, les présidents Yoweri Museveni (Ouganda), Joseph Kabila (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) avaient déjà appelé le M23, composé d'anciens supplétifs de l'armée congolaise, à "immédiatement arrêter son offensive et se retirer de Goma".

Le 4e sommet extraordinaire du CIRGL avait débouché début octobre sur le principe de créer une "force internationale neutre" de 4.000 hommes afin de ramener le calme dans l'est du Congo. Seule la Tanzanie s'est engagé à fournir des soldats, alors que le mandat et le financement de cette force n'ont pas été clairement définis pour l'heure.

Après la débâcle de Goma, M. Kabila avait décidé jeudi soir de suspendre le général Gabriel Amisi, chef d'état-major de l'armée de Terre. Le groupe du M23, qui regroupe d'anciens supplétifs de l'armée régulière, voit ses rangs grossir chaque jour avec l'arrivée de nouveaux déserteurs. Plus de 2100 soldats et 700 policiers ont ainsi gagné les rangs des rebelles lundi, selon le colonel du M23 Séraphin Mirindi.

Les rebelles du M23 avancent depuis deux jours vers la ville de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu, au sud de Goma. La guerilla tire son nom de l'accord du 23 mars 2009 conclu entre Kinshasa et les anciens rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), qui accusent aujourd'hui Kabila de ne pas l'avoir respecté.

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