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L'ONU envisage d'utiliser pour la première fois des drones en RDC

23/11/2012 10:16 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

Les Nations unies envisagent d'utiliser pour la première fois des drones pour surveiller l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à une rebellion armée, une initiative controversée qui pourrait inquiéter certains Etats membres.

Des responsables des opérations de maintien de la paix de l'ONU ont pris contact avec les gouvernements congolais et rwandais à propos de cette initiative délicate qui pourrait créer un précédent, ont indiqué des diplomates.

L'ONU cherche à renforcer sa mission, la Monusco, en RDCongo, où les rebelles du mouvement M23 ont pris le contrôle d'une bonne partie de la province du Nord-Kivu (est). Selon des experts de l'ONU, le Rwanda et l'Ouganda voisins fournissent armes et troupes au M23, ce que les deux pays nient farouchement.

Les Nations unies "examinent toute une série de mesures pour renforcer les capacités de la Monusco afin de protéger les civils des groupes armés présents dans cette vaste zone de l'est de la RDC", a expliqué à l'AFP Kieran Dwyer, porte-parole du département de maintien de la paix de l'ONU.

"Utiliser des aéronefs non armés, des drones, pour surveiller les mouvements de ces groupes est un des outils que nous envisageons", a-t-il ajouté. "Bien sûr nous le ferions avec prudence, en totale coopération avec le gouvernement congolais, et en choisissant les moyens de surveillance les plus efficaces pour aider à appliquer notre mandat de protection des civils".

Mais "pour mettre en oeuvre ces outils, nous aurons besoin du soutien de certains Etats membres", a-t-il précisé.

L'ONU envisage aussi d'accroître l'effectif de la Monusco --actuellement de 17.500 hommes environ mais qui peut être porté à 19.500 hommes-- et de la rédéployer en RDC. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon doit présenter bientôt des propositions en ce sens au Conseil.

La France et la Belgique ont réclamé un renforcement du mandat de la Monusco pour lui permettre de s'opposer plus vigoureusement aux rebelles.

Les hélicoptères de combat de la Mission ont essayé en vain de ralentir l'avancée du M23, qui s'est emparé mardi de Goma, la capitale provinciale, pratiquement sans coup férir.

L'ONU fait valoir que les Casques bleus risquaient de mettre en danger la population civile s'ils tentaient de stopper les rebelles, et que la Monusco ne peut pas se substituer à une armée nationale.

"L'ONU a contacté plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la France, pour leur demander de lui fournir des drones qui pourraient jouer un rôle important dans la surveillance des frontières" de la RDC, a indiqué un diplomate.

"Il est évident cependant qu'il aura des implications politiques" dans ce dossier, a-t-il ajouté.

"C'est un sujet controversé, les pays ne sont pas tous d'accord là-dessus", a souligné Olivier Nduhungirehe, premier conseiller à la mission du Rwanda auprès de l'ONU.

En RDC, les drones serviront uniquement à la surveillance mais les capacités d'espionnage de ces engins sans pilote pourraient inquiéter beaucoup de pays.

"Au Congo, les drones pourront repérer tout mouvement de troupes et d'armes passant la frontière, ce qui est une bonne chose", explique un diplomate d'un pays membre du Conseil.

"Mais beaucoup de pays ont des choses à cacher. Si les drones sont utilisés dans d'autres missions, qui va stocker les informations recueillies et garantir qu'elles ne soient pas transmises à d'autres ?", se demande-t-il.

Le Nord et le Sud-Kivu sont le théâtre de conflits depuis les années 1990, en raison de leurs richesses minières et agricoles, que se disputent le gouvernement congolais, divers mouvements rebelles et les pays voisins (Ouganda, Rwanda, Burundi).

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