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Les Kurdes unifient leurs troupes dans le nord-est syrien (militant)

23/11/2012 04:53 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Les principaux mouvements kurdes de Syrie ont convenu de former une force militaire unie pour faire face à des centaines d'insurgés islamistes dans le nord-est de la Syrie, a rapporté vendredi un militant kurde.

Depuis le début du conflit il y a 20 mois en Syrie, les Kurdes avaient cherché à rester à l'écart de la guerre, même s'ils ont été accusés par les rebelles de faire le jeu du régime de Bachar al-Assad.

Des combattants du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie), affrontent depuis des jours des rebelles du Front Al-Nosra et de la brigade Ghouraba al-Cham à Rass Al-Aïn, une localité syrienne à la frontière turque où les rebelles tiennent un poste-frontière.

"Les deux Conseils nationaux kurdes du Kurdistan de l'ouest ont convenu de former une force militaire unifiée regroupant les forces du PYD et les dissidents dans le Kurdistan", a affirmé ce militant qui se présente sous le nom de Havidar. Dans leur terminologie, le Kurdistan ouest signifie la Syrie.

Ce militant hostile au régime, a précisé que la réunion s'était tenue en Irak.

Le 11 juillet, le Conseil national kurde, qui regroupe une douzaine de partis traditionnels kurdes syriens et le Conseil populaire du Kurdistan occidental (CPKO), émanation du PYD, se sont regroupés sous la bannière du Conseil suprême kurde.

Al-Nosra et Ghouraba al-Cham, deux importants groupes islamistes radicaux, combattent aux côtés des rebelles contre l'armée sans toutefois reconnaître l'Armée syrienne libre (ASL), principale faction de la rébellion armée.

Les rebelles accusent les combattants du Comité de protection du peuple kurde (YPG), le bras armé du PYD, de faire le jeu du régime après que plusieurs localités du nord-est sont tombées aux mains des Kurdes, l'armée s'en retirant sans résistance.

Le nord et le nord-est abritent la plupart des deux millions de Kurdes de Syrie, dont les milices indépendantes sont parfois hostiles à la rébellion.

La Turquie avait accusé le pouvoir à Damas d'avoir "confié" plusieurs zones du nord syrien au PYD et considéré l'installation de ce parti près de la frontière comme "dirigée contre" elle.

La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé face à la répression du régime. Les violences ont fait plus de 40.000 morts, selon une ONG syrienne.

sbh/sk/tp

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