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23/11/2012 03:51 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

Le Brésil met fin à la décevante expérience Menezes

A 19 mois de "sa" Coupe du monde, le Brésil se retrouve sans sélectionneur après le limogeage vendredi de Mano Menezes dont les résultats et le style de jeu n'ont jamais séduit une nation obnubilée par le football.

Maintes fois annoncé, le limogeage de Menezes, en poste depuis juillet 2010, a finalement eu lieu après le dernier rendez-vous international de l'année 2012. Il s'agissait du dernier créneau possible pour agir en vue de la conquête d'un sixième titre mondial en juin 2014, objectif de tout un peuple.

"Mes remerciements à tous ceux qui ont travaillé avec moi sur ce projet, spécialement les joueurs convoqués durant cette période", a laconiquement écrit Menezes sur son compte Twitter.

"Je lui ai moi-même annoncé la nouvelle", a déclaré quelques minutes auparavant lors d'une conférence de presse Andres Sanches, directeur des équipes nationales au sein de la Confédération brésilienne de football (CBF).

"Cela ne plaît à personne de recevoir ce type de nouvelles, mais tous les gens qui sont dans le football savent que ce genre de choses peut arriver", a-t-il poursuivi.

La CBF a fait preuve de patience avec le technicien de 50 ans. Elle aurait pu agir après une calamiteuse Copa America 2011, terminée par une élimination dès les quarts de finale contre le Paraguay, à l'issue des tirs au but après une rencontre interminablement ennuyeuse.

"Quelle incompétence !", avait alors titré la presse brésilienne qui, dès lors, ne pardonnerait plus rien au technicien sans grand charisme ni passé de joueur de haut-niveau.

Menezes aurait pu être prié de vider son bureau en août après les jeux Olympiques de Londres où, malgré la pépite Neymar, la sélection brésilienne avait mordu la poussière en finale contre le Mexique, ratant une nouvelle fois le titre olympique, le seul qui manque à son palmarès.

De son vrai nom Luiz Antonio Venker Menezes, le successeur de Dunga, finaliste avec Gremio de la Copa Libertadores 2007 perdue contre Boca Juniors, a d'abord répondu aux attentes de ses dirigeants en procédant à un renouvellement de génération.

Après l'échec du Mondial-2010 (élimination en quarts de finale par les Pays-Bas, vainqueurs 2-1), Menezes avait lancé les prometteurs Neymar, Pato et Ganso, avant de, fragilisé par la Copa America 2011, relancer Ronaldinho pour un match amical en septembre 2011, et de procéder à une incessante revue d'effectifs.

Résultats, le style de jeu que proposent ses équipes est terne et indigent, son bilan n'est guère flatteur: en 40 rencontres, en incluant les matches de la sélection olympique, il a enregistré 21 victoires.

Plus grave, il n'a offert à son pays aucun titre, ni même aucune victoire de prestige contre des grandes nations (défaites contre la France, l'Allemagne et le rival honni argentin).

Reléguée au 13e rang du classement Fifa, le Brésil ne fait plus peur à personne.

"C'est un jour historique, le Brésil doit tirer des feux d'artifice, faire la fête. Ces incompétents de la CBF ont enfin fait quelque chose de bien pour le football brésilien (...) mais malheureusement en retard", s'est ainsi réjoui Romario, ancien attaquant vedette de la Seleçao, sur son compte Twitter.

Pour succéder à Menezes, la presse brésilienne évoque les noms de Luiz Felipe Scolari, ancien sélectionneur en poste de 2001 à 2002 qui avait offert le 5e titre mondial, de Tite (entraîneur de Corinthians) et de Muricy Ramalho (Santos).

La CBF est décidé à prendre son temps: "le nom du nouveau sélectionneur serait dévoilé en janvier", a-t-elle précisé, à six mois de la Coupe des Confédérations 2013, répétition générale de ce très attendu Mondial-2014.

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