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Israël a bombardé de coups le Hamas mais ne l'a pas mis KO

23/11/2012 06:15 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

Israël et le Hamas affirment tous deux être sortis vainqueurs de leur dernier round de violence à Gaza. Mais les experts doutent qu'Israël puisse emporter une victoire décisive sans une réoccupation de Gaza, dont il ne veut pas.

"Il n'est pas impossible pour un Etat de vaincre une telle organisation (de guérilla, NDLR), mais pour cela il faut que la bataille soit livrée sur son propre territoire", estime Shlomo Brom, ancien patron des affaires stratégiques de l'armée israélienne, aujourd'hui professeur à l'Université de Tel-Aviv.

"Je ne pense pas qu'il y ait de précédent d'une victoire sur une organisation qui opère à partir d'un territoire qui n'est pas le vôtre", souligne M. Brom.

Or le Hamas --acronyme du "Mouvement de résistance islamique"-- contrôle sans partage la bande de Gaza depuis juin 2007, dont il a chassé son rival nationaliste, le Fatah, soldant une épreuve de force larvée depuis sa victoire aux élections législatives palestiniennes de 2006.

"A long terme, un conflit entre deux sociétés ou deux peuples ne peut être résolu uniquement par des moyens militaires, en annihilant physiquement l'adversaire", poursuit Shlomo Brom.

A la tête d'une armée bien entraînée, dotée des technologies les plus avancées, Israël n'aurait pas de mal à reconquérir la bande de Gaza, qu'il a évacuée en 2005, tout en continuant à en contrôler la quasi totalité des frontières et l'espace aérien, mais à un coût militaire et politique jugé exorbitant.

"Peut-on reprendre Gaza au Hamas? Oui, sans aucun doute, si nous voulons le faire, nous le pouvons", a répondu Dan Meridor, vice-Premier ministre israélien chargé des services de renseignements, à un journaliste de l'AFP.

"Après il faudrait se demander ce que nous ferions une fois là-bas. Cette fois-ci, nous avons décidé que cela n'était pas notre objectif et nous espérons ne pas avoir à en arriver là", a-t-il souligné.

"Nous n'avons jamais dit que nous allions gagner la guerre contre le Hamas. Nous voulions les pousser à se demander si (leur combat) en valait la peine", a expliqué M. Meridor.

"C'est un objectif limité, et je pense qu'il a été rempli", a insisté le ministre.

Au moment du lancement de l'opération "Pilier de défense" le 14 novembre, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a fixé quatre objectifs principaux: rétablir la capacité de dissuasion d'Israël, affaiblir les capacités des groupes armés de Gaza à tirer des roquettes, infliger "un coup cinglant au Hamas et aux autres organisations terroristes" et protéger la population du sud d'Israël.

Dès l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu mercredi soir, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé au Caire qu'Israël avait "échoué dans tous ses objectifs".

"Les sionistes ont été obligés de se soumettre aux conditions de la résistance", a-t-il estimé.

Avant même l'annonce officielle du cessez-le-feu, le spécialiste des questions de défense du quotidien israélien Yediot Aharonot, Alex Fishman, lui donnait raison, concluant à "une victoire du Hamas" dans cette confrontation dont Israël a pris l'initiative en assassinant le chef militaire du mouvement islamiste Ahmad Jaabari.

"Malgré des informations qui assurent le contraire depuis quelques jours", écrivait-il, "l'appareil de sécurité n'a pas réussi à atteindre d'importants agents terroristes, ou en tout cas certainement pas dans les proportions qui auraient réellement fait mal à l'adversaire".

Dans ses derniers communiqués sur l'opération, l'armée israélienne ne cite nommément que "sept importants dirigeants", visés, dont Ahmad Jaabari.

Les hostilités ont coûté la vie à plus de 160 Palestiniens, en majorité des civils, dont près d'un tiers de femmes et d'enfants, selon les services d'urgences et les organisations de défense de droits de l'Homme, et six Israéliens, quatre civils et deux soldats.

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